Journal d’un coach de coach : dans la tête de Jeremy Kohlmann

Le journal d’un coach de coach, c’est le format le plus brut que je publie : moi seul, une caméra, aucun montage, et tout ce qui me passe par la tête sur le coaching et le business en ligne. Je suis Jeremy Kohlmann, CEO de Kohlmann Publishing, une entreprise d’accompagnement pour les pros de l’accompagnement. Dans cet épisode, je raconte comment mon entreprise a encaissé 679 722 € en 121 jours. Mais le chiffre n’est pas le sujet. Le sujet, ce sont les principes que j’applique derrière, après une quinzaine d’années à me planter, à recommencer, et à finir par comprendre deux ou trois trucs.

Pourquoi je vide ma tête sans montage

La plupart des contenus business sont calibrés, lissés, montés au millimètre. Le mien est l’inverse. Je m’assois, je bois mon café, j’en mets la moitié sur ma moustache, et je parle. Pas de jingle, pas de mise en scène. La raison est simple : je suis entrepreneur bien avant d’être créateur de contenu. Ce format me sert à réfléchir à voix haute, pas à vendre du rêve.

Et soyons clairs sur ce que je vends : de l’accompagnement. J’achète de l’accompagnement, j’en vends, j’y crois. Donc tout ce que je raconte est teinté par ça. Ne me prenez jamais au mot. Faites vos recherches, posez-vous vos questions, décidez de ce qui est bon pour vous. Je partage ce qui a marché pour moi et pour mes clients. À vous de trancher.

Cinq idées reçues que je démonte sur le coaching et le business

1. « Je dois montrer ma personnalité et être léger »

Faux. Le client qui vient vous voir a mal. Il souffre, il doute, il a peur. À ce moment précis, il n’attend pas que vous fassiez le clown. Si j’arrive devant un médecin et qu’il m’annonce un diagnostic en rigolant, je n’ai pas envie de blagues, j’ai envie qu’il prenne les choses au sérieux tout en me rassurant. Votre personnalité légère a sa place partout, sauf quand on parle de la douleur de votre client. Là, vous n’êtes plus un humoriste, vous êtes celui qui aide. Tout le monde n’est pas drôle, et ce n’est pas un problème.

2. « Je fais ça pour l’impact »

Cette phrase n’a jamais été dite par personne de sincère qui dirige une entreprise. Sinon, vous montez une association. Vous êtes dans le business de devenir aussi riche que possible, de la façon la plus agréable possible. L’impact est une des contraintes que vous avez choisies pour y arriver d’une manière qui vous plaît.

« L’impact n’est qu’une des valeurs que tu veux placer, qu’une des contraintes que tu as décidées. Si tu voulais seulement de l’impact, tu ne ferais pas ce métier. » — Jeremy Kohlmann (02:28)

Je l’ai vécu dans ma chair. À une époque, on a tellement écouté les clients qui réclamaient de l’impact qu’on a fait des publicités sur l’impact, des produits sur l’impact. On a failli déposer le bilan. Le jour où on a réassumé l’idée de gagner de l’argent, mais en délivrant le meilleur produit possible, les ventes sont reparties. La bonne structure mentale : organiser son activité pour n’être plus riche qu’en aidant davantage. L’argent devient alors la conséquence d’un vrai travail, pas l’objectif honteux qu’on cache.

3. « Il faut prendre son temps pour décider »

Oui et non. Il faut prendre son temps pour réfléchir, puis décider vite. Le piège, c’est de confondre les décisions réversibles et les décisions critiques. Lancer une offre : réversible, pas critique. L’argent, au pire, vous le referez. Faire un enfant, choisir avec qui vous passez votre vie : irréversible et critique, là vous avez intérêt à bien réfléchir. Tout le reste, vous pouvez faire machine arrière.

« Réfléchis longtemps, décide vite. » — Jeremy Kohlmann (02:28)

Les entrepreneurs qui décident en une fraction de seconde ne sont pas plus impulsifs. Ils ont juste passé des heures, toute l’année, à se poser les bonnes questions en amont. Quand l’action se présente, la réflexion est déjà faite.

4. « Je dois suivre ma zone de génie et ce qui m’inspire »

Bullshit. Vous devez faire ce qu’il faut, comme un professionnel. Tant que vous visez quelques milliers d’euros par mois, vous pouvez vous offrir le luxe de l’écologie intérieure et de la zone de génie. Le jour où vous voulez vraiment scaler, il n’y a plus de « je ne le sens pas ». Vous trouvez où vous êtes meilleur, vous déléguez le reste, point. J’ai développé ce piège en détail dans cet article sur pourquoi la zone de génie est un piège pour l’entrepreneur.

5. « Le meilleur produit suffit, le bouche-à-oreille fera le reste »

Le savoir-faire est aussi utile que le faire-savoir, mais pas au même moment.

« Jusqu’à 100 K par mois, le meilleur produit de la terre ne sert à rien : vous n’avez pas assez de clients pour que ce soit critique. Au-delà, il faudra faire un produit extraordinaire. » — Jeremy Kohlmann (02:28)

Au démarrage, être bon en marketing rapporte plus que d’être bon en livraison. Un produit correct, acceptable, « plus plus », suffit largement. C’est triste à dire, mais c’est la réalité du marché. Le basculement se fait plus haut : à mesure que vous montez, un bouche-à-oreille négatif vient saboter votre acquisition, et là, le produit extraordinaire devient non négociable. Tout commence souvent par savoir créer une micro audience qui achète avant de chercher la masse.

Les modèles mentaux qui font tourner Kohlmann Publishing

Au-delà des idées reçues, voici les cadres que j’utilise au quotidien.

Poser une meilleure question change tout. Les choses les plus intéressantes de la vie viennent de problèmes mieux définis. Avant de chercher la solution, je passe un temps disproportionné à formuler correctement la question et à nommer précisément la contrainte qui me bloque.

Transformer de l’attention en argent. Attention, intérêt, désir, achat. À un certain volume, vous savez que tant de vues rapportent tant de ventes. Tant que vous n’êtes pas à ce stade, une micro audience reste plus efficace et bien plus tranquille qu’une grosse visibilité, qui amène son lot de personnes pénibles.

Je ne joue qu’à des jeux où tout le monde peut gagner. Pour gagner au jeu du statut, il faut écraser les autres. Ça ne m’intéresse pas. Je préfère mettre des gens brillants autour d’une table avec un gâteau toujours plus grand. Des jeux à long terme, avec des gens de long terme. Si quelqu’un a besoin d’être meilleur que moi pour être heureux, je ne travaille pas avec lui.

Vous n’obtenez pas ce que vous méritez. Vous obtenez ce que vous allez chercher ou ce que vous attirez. Le mérite n’entre pas en ligne de compte. Plus vite vous lâchez cette histoire de mérite, plus vite vous vous concentrez sur ce que vous voulez vraiment créer.

Scale, mess, depth. La croissance crée du désordre, le désordre crée une dette de structuration, et il faut rembourser cette dette pour repartir au palier suivant. À chaque fois que c’est le bordel dans l’entreprise, je reviens à ce petit schéma. C’est souvent le signe qu’un pôle (marketing, produit, administratif) a besoin d’être restructuré avant de pousser plus loin.

La théorie des contraintes. Pour aller d’un point A à un point B, je règle la contrainte numéro 1, qui en révèle une nouvelle, et ainsi de suite. Je veux gagner plus : je dois monter mes prix. Pour ça, augmenter la valeur perçue. Mais plus cher veut dire plus de « non », donc il me faut plus de clients, donc plus d’appels, donc plus de conversations, donc plus de leads, donc des contenus plus vus, donc de meilleurs contenus. Une contrainte après l’autre, je remonte toute la chaîne jusqu’à l’objectif.

Ce qu’on teste en ce moment chez Kohlmann Publishing

Je préfère les coulisses honnêtes au bullshit de l’automatisation magique. Voici ce qu’on a réellement testé ces dernières semaines.

Un challenge gratuit de 5 jours avec une trentaine de personnes, sans publicité, à la suite d’un atelier payant. Résultat : 50 % de conversion sur l’offre finale. Beaucoup de valeur donnée, de belles connexions. Le hic : entre la vente de l’atelier, la livraison, les candidatures et le challenge, on a étiré le temps d’encaissement à trois ou quatre semaines. À refaire en plus court.

Du « 2-step content » sur Instagram couplé à un membre de l’équipe au setting. En clair : vous commentez un mot-clé, un automatisme vous envoie la ressource, et un humain engage ensuite la conversation pour vérifier que vous l’avez bien reçue, comprendre qui vous êtes, et voir si on peut vous apporter plus de valeur. En trois semaines, on a envoyé près de 1 000 ressources. Beaucoup de conversations, de bons signaux. C’est exactement la mécanique que je détaille dans trouver des clients par message.

La refonte de notre programme avancé en Mastermind. On s’est rendu compte que nos clients les plus avancés se répondaient déjà entre eux. Plutôt que de jouer aux sachants, on leur a donné le cadre et les ressources pour le faire encore mieux. Le socle de formation reste, mais l’intelligence collective fait le reste.

Des investissements dans des entreprises que je comprends. Jamais de concurrents, jamais en business angel actif. Des agences, des projets connexes au mien, portés par des gens que je respecte. Et toujours avec une clause que j’appelle « casse-toi Jeremy » : le fondateur doit pouvoir me racheter et me sortir à tout moment, avec une petite décote. Je veux qu’il soit content que je sois là, pas qu’il me subisse.

On a triplé nos dépenses publicitaires et on est encore plus rentable qu’avant. La publicité, c’est un système d’enchères : celui qui dépense le plus intelligemment rafle les meilleurs leads. Tant que votre système marketing reste rentable à 30 jours, vous pouvez dépenser quasi sans limite. C’est contre-intuitif, et c’est pourtant la mécanique des entreprises de service qui veulent construire une entreprise high ticket qui tourne sans elles.

Trois conseils que je répète en boucle

Objectif, matrice, coaching. Choisissez un but (courir un marathon), choisissez la métrique que vous surveillez (le kilométrage hebdomadaire), puis coachez-vous dessus avec des critères qualitatifs autant que quantitatifs. Appliquez ça à chaque point important de votre vie et vous progresserez, mécaniquement.

Ne jamais sacrifier le futur au profit du présent. Je le répète aux équipes commerciales : si vous brûlez votre audience aujourd’hui pour faire du cash aujourd’hui, vous hypothéquez votre réputation de demain.

« Ne jamais sacrifier le futur au profit du présent. Ça ne veut pas dire ne pas kiffer le présent, ça veut dire ne pas l’acheter en hypothéquant la suite. » — Jeremy Kohlmann (38:00)

Une offre méga claire se vend méga simplement. Trop d’entrepreneurs veulent dix-neuf offres ou du sur-mesure permanent. J’accompagne en ce moment une agence : on a clarifié l’offre et le pitch, ils ont ajouté plus de 30 % de revenus récurrents. Ils avaient déjà tout pour réussir, ils avaient juste trop d’offres et n’osaient pas les vendre. Au démarrage, faites du sur-mesure juste pour apprendre ce que les gens veulent acheter, puis transformez cette donnée en une seule offre claire. Pas douze. C’est aussi la base pour vendre plus cher sans bloquer mentalement sur l’argent.

Bref : pas de Lamborghini orange, pas de villa à Bali. Des principes simples, appliqués avec discipline, qui rendent une vie d’entrepreneur plus simple grâce à son business. C’est tout l’esprit du journal d’un coach de coach. What a time to be alive 🙂

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FAQ — Journal d’un coach de coach

C’est quoi le « journal d’un coach de coach » de Jeremy Kohlmann ?

C’est un format vidéo brut, sans montage, où Jeremy Kohlmann, CEO de Kohlmann Publishing, partage ses idées, ses concepts, ses tests et ses analyses sur le coaching et le business en ligne. L’objectif : transmettre un maximum de valeur sans mise en scène, pour faire réfléchir l’entrepreneur sur sa propre activité.

Faut-il être drôle pour vendre de l’accompagnement ?

Non. La légèreté a sa place dans votre communication, mais pas au moment où vous parlez de la douleur de votre client. À cet instant, il attend du sérieux et de l’expertise, pas des blagues. Beaucoup d’experts qui réussissent ne sont pas drôles, et ce n’est pas un frein.

Faut-il viser un produit parfait dès le départ ?

Pas au début. Tant que vous n’avez pas assez de clients, un produit correct suffit, et le marketing rapporte davantage. C’est en montant en volume que la qualité de livraison devient critique, parce qu’un bouche-à-oreille négatif finit par saboter l’acquisition.

Comment décider vite sans se tromper ?

En séparant les décisions réversibles des décisions critiques. Réfléchissez longtemps en amont, puis décidez vite pour tout ce qui est réversible. Réservez la lenteur aux quelques choix vraiment irréversibles et critiques de votre vie.

La « zone de génie » est-elle un bon guide pour scaler ?

Pour quelques milliers d’euros par mois, oui. Pour passer un vrai palier, non. À ce stade, vous faites ce qu’il faut comme un professionnel : vous identifiez là où vous êtes meilleur et vous déléguez tout le reste.

Pourquoi le marché de l’accompagnement continue-t-il de croître ?

Parce qu’une partie du budget de l’éducation traditionnelle bascule vers l’éducation non traditionnelle : coaching, accompagnement, formation en ligne. Quand les temps sont incertains, se former et progresser reste un domaine sur lequel on garde du contrôle.


PS — Cet article s’adresse d’abord à l’expert de l’accompagnement qui plafonne autour de quelques milliers d’euros par mois et veut passer un palier sans se cramer. Si tu diriges déjà une structure plus avancée et que ton sujet, c’est de scaler une entreprise de service high ticket avec une vraie équipe, c’est exactement ce qu’on construit en Mastermind. Les deux portes mènent au même endroit : un business plus simple, plus solide, qui ne repose plus uniquement sur tes épaules.