Devenir coach en parallèle de son travail, c’est le scénario le plus fréquent chez les pros de l’accompagnement qui démarrent. C’est aussi celui dont on parle le moins, parce qu’il ne produit pas d’histoire spectaculaire. Sylvie Brasseur est pharmacienne. Elle tient toujours son officine à temps plein. En un peu plus d’un an, elle a monté à côté une activité d’accompagnement, suivi une trentaine de personnes et rentabilisé son investissement en formation. Aucun chiffre stratosphérique dans cette vidéo, aucune promesse de trois millions en trois semaines depuis un téléphone. Une mécanique reproductible par quelqu’un qui a un métier prenant et peu d’heures disponibles. C’est exactement pour ça qu’elle mérite un article.
Le point de départ : un métier prenant et zéro place dans l’agenda
Sylvie est pharmacienne depuis longtemps. Elle a eu jusqu’à deux pharmacies et managé jusqu’à quinze personnes. Puis le secteur du soin a traversé une période très dure : pression permanente, personnel manquant, désorganisation. Elle se retrouve au bord du burnout.
Sa première décision n’est pas une décision de business. C’est une décision de survie.
« Je prends la décision qui va sauver ma vie : de vendre la grosse pharmacie, de garder la petite. » — Sylvie (2:02)
En parallèle, elle se fait accompagner. Pas pour lancer quoi que ce soit : pour faire le point et se remettre debout. Ça fonctionne assez bien pour qu’elle se dise qu’il faut qu’elle apprenne ces techniques, parce qu’elles peuvent servir à d’autres. Elle se forme, termine son cursus, ouvre sa structure d’accompagnement.
Retiens l’ordre : elle a d’abord réglé son propre problème. Le métier est venu après, et il est venu de l’expérience vécue, pas d’un business plan repéré sur internet.
L’erreur d’ordre que Sylvie n’a pas commise
Le schéma classique, c’est : je me forme, j’obtiens mon diplôme, j’ouvre ma page, j’attends. Six mois plus tard, deux clients, dont un ami. La formation coûte, l’activité ne rapporte pas, et la conclusion tirée est presque toujours fausse : « je ne suis pas fait pour ça ».
Sylvie a court-circuité cette séquence. À peine sa structure ouverte, elle est venue chercher la partie business chez nous.
« Je ne voulais pas ramer dans le vide et perdre trop d’énergie. » — Sylvie (2:37)
Savoir accompagner et savoir vendre un accompagnement sont deux métiers différents. Le premier s’apprend dans une école. Le second, personne ne te l’enseigne pendant ta certification, et c’est pourtant lui qui détermine si tu auras des clients. C’est toute la logique de la méthode pour devenir coach business : traiter l’acquisition comme une compétence à part entière, pas comme une conséquence naturelle de la compétence d’accompagnement.
Quand on a un temps plein, la contrainte devient un filtre
C’est la partie la plus utile du témoignage. Sylvie n’a pas le temps de tester six plateformes, de suivre tous les directs, d’être partout. Cette contrainte l’a forcée à trancher, et trancher est précisément ce qui manque à la plupart des gens qui démarrent avec du temps libre.
Elle communique sur un seul endroit, et ce n’est pas celui auquel on pense.
« C’est sur ma page personnelle que je communique le plus. » — Sylvie (12:44)
Pas une page professionnelle flambant neuve avec zéro abonné et une portée nulle. Son profil personnel, là où les gens la connaissent déjà. C’est le principe du One Place Funnel : un seul lieu, un seul message, et on y va à fond au lieu de saupoudrer partout. Quand on démarre, créer une audience en partant de zéro se joue sur la constance, pas sur le nombre de canaux.
Même logique sur l’accompagnement lui-même : elle ne peut pas assister aux permanences en direct, alors elle pose ses questions au fil de l’eau, récupère les réponses en asynchrone, prend des notes et y revient. Elle ne se plaint pas du format, elle l’adapte à sa contrainte.
Si tu as très peu d’heures par semaine, elles passent dans trois postes : produire du contenu, parler à des gens, livrer tes clients. Le reste attend. Le site, le logo, le tunnel, la newsletter, la deuxième plateforme : tout ça peut attendre six mois sans qu’il ne se passe rien de grave.
Authenticité : ce que ça veut dire quand ce n’est pas un slogan
On lui demande quel a été son premier mot en arrivant dans l’accompagnement.
« Le mot-clé, pour moi, ça a été authenticité. » — Sylvie (9:14)
Elle arrive avec un diplôme de coach qu’elle relativise elle-même à côté de son diplôme de pharmacienne, et sans savoir se positionner ni comment communiquer. Ce qu’elle découvre : avec les mêmes outils, deux personnes peuvent s’adresser à deux publics complètement différents. Elle avait déjà une idée de cible en tête. Le travail a consisté à la formaliser et à construire sa communication autour, dès le départ.
« La mise en place de ma communication m’a amené les bonnes personnes, et je ne perds pas d’énergie là où ce n’est pas nécessaire. » — Sylvie (10:11)
La bonne question n’est donc pas « quel format cartonne en ce moment ». C’est : à qui je parle exactement, et est-ce que je peux tenir ce discours pendant trois ans sans me trahir. Un positionnement que tu ne peux pas tenir te fatigue et attire des clients avec qui tu n’as pas envie de travailler. C’est ce mécanisme, et pas le manque de talent, qui fait abandonner les gens.
Ton métier d’origine n’est pas un passé à effacer
Sylvie croise beaucoup de gens du monde du soin qui se forment au coaching, à la thérapie ou à l’hypnose sur leur temps libre, et qui n’osent pas en parler. Elle, elle assume le pont entre les deux, et elle est parfaitement claire sur la limite.
« Personne ici n’est en train de dire : arrête les médicaments, ça ne sert à rien. C’est de dire : ça ne suffit pas. » — Sylvie (4:36)
Elle raconte d’ailleurs avoir eu recours à un traitement pendant sa propre période difficile, et en parle comme d’une bouée qui permet de garder la tête hors de l’eau le temps de récupérer. Son accompagnement se place ailleurs, sur le travail de fond, avec sa propre méthode qu’elle appelle la méthode papillon : enlever ce dont on n’a plus besoin pour rouvrir un champ des possibles.
Le point business est là. Des années passées dans un métier exigeant, ce n’est pas une case à cocher en bas d’un CV, c’est le différenciateur que personne d’autre ne peut copier. Les gens qui se reconvertissent ont tendance à cacher leur métier précédent comme une erreur de parcours. C’est exactement l’inverse qu’il faut faire.
Demander de l’aide, le vrai blocage
On lui demande ce qu’elle dirait aux gens qui se reconnaissent dans son histoire mais qui n’osent pas se faire accompagner.
« C’est le plus beau cadeau qu’ils peuvent s’offrir à eux-mêmes. On vit dans une société où demander de l’aide, c’est tabou, alors que c’est tellement humain et normal. » — Sylvie (6:35)
Détail qui compte : elle continue à se faire accompagner aujourd’hui, sur le business comme sur ses blocages personnels. Ce n’est pas une étape qu’on franchit une fois pour toutes au démarrage. C’est un réflexe de fonctionnement. Notre retour d’expérience sur le sujet est documenté dans cet article sur investir dans un coaching business : ce qui coûte cher, ce n’est pas l’accompagnement, c’est le temps qu’on passe à tourner en rond sans.
Ce qu’il faut retenir si tu es dans le même cas
Tu as un métier prenant, une envie d’accompagner, et pas assez d’heures. Le parcours de Sylvie donne quatre repères concrets.
- Ne quitte pas ton activité pour te lancer. Elle a allégé la sienne, elle ne l’a pas arrêtée. La pression financière est le pire conseiller commercial qui existe.
- Traite l’acquisition comme une compétence à apprendre. Ta certification t’a formé à accompagner. Elle ne t’a pas formé à trouver des clients.
- Un seul canal, un seul message, ta page personnelle. Là où les gens te connaissent déjà, pas sur une page pro repartie de zéro.
- Vise la réussite ordinaire. Rentabiliser sa formation en moins d’un an tout en gardant un temps plein, c’est un résultat atteignable par la grande majorité des gens. C’est toute la logique de faire 100 000 € par an sans souffrir, et c’est ce même mécanisme qu’on retrouve chez Mathieu, qui a lancé son activité en restant salarié.
Sylvie résume son année d’une façon qui vaut mieux que n’importe quel argumentaire : une structure stable, construite brique par brique, qui la structure elle-même. Pas de feu d’artifice. Un truc qui tient. Bref 🙂
PS : si tu es déjà installé, que ton activité tourne et que ton problème n’est plus de trouver tes premiers clients mais de sortir d’un plateau, la lecture utile est plutôt celle sur les leviers pour débloquer son chiffre d’affaires.
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Sylvie a monté son activité d’accompagnement avec une officine à temps plein sur les bras. Si ton problème c’est le temps, on te livre la structure d’acquisition déjà montée au lieu de te demander de l’assembler le soir.
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FAQ : devenir coach en parallèle de son travail
Peut-on vraiment devenir coach en parallèle de son travail ?
Oui, et c’est même le mode de démarrage le plus sain. Sylvie tient une pharmacie à temps plein et a suivi une trentaine de personnes en un peu plus d’un an. La contrainte de temps oblige à choisir un seul canal et une seule cible, ce qui accélère souvent les choses au lieu de les ralentir.
Faut-il quitter son emploi pour se lancer dans l’accompagnement ?
Non. Garder une source de revenus enlève la pression financière du moment de la vente, et cette pression est ce qui pousse à brader ses prix ou à accepter des clients inadaptés. Sylvie a allégé son activité principale en vendant sa plus grosse structure, elle ne l’a pas arrêtée.
Combien de temps faut-il pour rentabiliser une formation de coach ?
Il n’existe pas de règle, cela dépend de ce que tu fais après la formation. Dans le cas de Sylvie, l’investissement a été rentabilisé en moins d’un an, en travaillant sur son activité d’accompagnement à côté d’un temps plein. Le facteur déterminant n’est pas le nombre d’heures disponibles, c’est le fait d’avoir travaillé son positionnement et son acquisition dès l’ouverture.
Un diplôme de coach suffit-il pour vivre de l’accompagnement ?
Non. Une certification t’apprend à accompagner, pas à trouver des clients. Ce sont deux compétences distinctes, et la seconde détermine si tu auras l’occasion d’exercer la première. C’est la raison pour laquelle beaucoup de personnes très compétentes ne dépassent jamais les trois ou quatre clients issus de leur entourage.
Par où commencer quand on n’a que quelques heures par semaine ?
Trois postes, et rien d’autre : produire du contenu sur un seul canal, parler à des gens en message privé, livrer correctement les clients que tu as déjà. Le site, le logo, le tunnel de vente et la deuxième plateforme peuvent attendre plusieurs mois sans conséquence.
Faut-il créer une page professionnelle ou communiquer sur son profil personnel ?
Le profil personnel d’abord, dans la grande majorité des cas. C’est là que ton réseau existe déjà et que la portée est réelle. Une page professionnelle neuve démarre avec zéro audience et une visibilité quasi nulle. Sylvie a une page dédiée à son activité, mais elle communique majoritairement depuis son profil personnel.
Comment valoriser son métier d’origine quand on se reconvertit ?
En en faisant le cœur du positionnement plutôt qu’une ligne à cacher. Des années passées dans un métier exigeant donnent une compréhension d’un public que personne d’autre ne peut imiter. C’est le différenciateur le plus solide dont dispose une personne en reconversion.
