Créer une audience en partant de zéro (sans être influenceur)

Créer une audience en partant de zéro, ce n’est pas devenir influenceur. C’est construire une petite poche de personnes qui ont un problème, les moyens de le résoudre et assez de confiance en toi pour te payer. Rien à voir avec la course aux abonnés. Un créateur peut cumuler des centaines de milliers de vues et galérer à vivre de son activité, pendant qu’un accompagnant avec quelques milliers d’abonnés qualifiés remplit son agenda. La différence ne se joue pas sur le volume. Elle se joue sur ce que tu poses avant de publier ton premier contenu, et sur ce que tu publies ensuite.

Pourquoi une audience est l’actif le plus rentable quand tu démarres

La majorité des entreprises se battent pour accéder à leurs clients. Elles paient de plus en plus cher, ou elles mettent de plus en plus de moyens humains, pour atteindre des gens qui ne les connaissent pas. Une audience change la nature du problème : tu ne loues plus l’attention, tu la détiens.

Le premier effet, c’est le levier. Écrire un contenu pour une personne ou pour mille personnes prend exactement le même temps.

« L’effet de levier, c’est la taille de l’audience. Que j’aie en face de moi une personne, 100 personnes, 1000 personnes, ça n’augmente pas le temps que ça me prend de créer quoi que ce soit et de leur proposer une offre. »

— Jeremy Kohlmann (02:53)

Le deuxième, c’est la confiance à l’échelle. Un témoignage client partagé à ton audience touche tout le monde d’un coup. Sans audience, tu dois refaire ce travail de confiance prospect par prospect, à la main, dans des messages privés.

Le troisième, c’est la position d’expert. Quelqu’un capable de parler de son sujet pendant vingt minutes en vidéo est perçu comme une référence, même sans notoriété. Ajoute à ça un contenu qui continue de travailler des mois après sa publication, une prospection qui devient inutile (le coach qui démarche, c’est le médecin qui sonne à ta porte pour te demander si tu n’aurais pas un cancer), et des conversions plus rapides parce que les gens arrivent déjà chauds.

Au bout de la chaîne : une audience qualifiée. C’est-à-dire des gens qui ont un problème et qui te font confiance. À partir de là, tu n’as plus qu’à savoir construire une offre et la vendre. Chaque nouveau problème que tu résous pour eux devient du chiffre d’affaires supplémentaire.

Le piège du départ : viser la taille au lieu de la qualification

Quand on part de zéro, le réflexe est de viser gros. Il faudrait 100 000 abonnés pour vivre de son contenu. C’est faux, et c’est même contre-productif : en cherchant la viralité, tu attires des curieux, pas des acheteurs. Beaucoup de likes, peu de ventes.

La théorie des mille vrais fans règle la question. Mille personnes qui achètent une offre à trois chiffres, c’est un six chiffres annuel. Pendant ce temps, un créateur avec 100 000 abonnés froids peut ramer pour sortir quelques milliers d’euros par mois. On en croise beaucoup, et ils finissent souvent par venir nous voir.

« Une petite audience très qualifiée est 100 fois plus rentable qu’une grande audience large et froide. On est entrepreneur, on n’est pas influenceur. »

— Jeremy Kohlmann (11:50)

Ce que tu gagnes avec une petite audience : des conversations réelles en messages privés et en commentaires, un feedback direct sur ton marché, un taux de conversion sans commune mesure, et beaucoup moins de stress. Tu n’as pas besoin de sortir dix pièces de contenu virales par jour. Tu as besoin de devenir incontournable pour une niche précise. Le sujet est développé en détail dans notre article sur la micro audience qui achète.

Les fondations à poser avant de publier le premier contenu

C’est l’étape que tout le monde saute. Publier avant d’avoir ces cinq éléments, c’est construire de l’audience qu’on ne saura pas convertir.

  • Une offre claire : savoir exactement ce que tu vends et à qui. Ou être en train de le définir, mais consciemment.
  • Une promesse forte : le bénéfice et la transformation, formulés dans les mots du client.
  • Ton histoire : ton parcours et ta légitimité, parce que c’est ce qui fait la différence entre toi et le contenu générique du même sujet.
  • La connaissance profonde de ton avatar : ses désirs, ses douleurs, ses objections.
  • Une analyse du marché : sa maturité, ce que font les autres, et où tu te différencies.

Chez nous, c’est ce qu’on appelle la phase de clarté. Elle passe avant la production. Un contenu sans offre derrière génère des vues. Une offre sans contenu devant ne rencontre personne. Les deux ensemble font une machine.

Les trois erreurs qui tuent une audience naissante

Entre le créateur qui décolle et celui qui reste invisible, l’écart de portée peut atteindre un facteur 300. Ce n’est pas de la chance. Ce sont presque toujours les mêmes trois erreurs.

1. Publier sans objectif

« Erreur numéro 1, publier sans aucun objectif. Tu crées du contenu juste pour poster quelque chose, ça génère peut-être des vues mais pas de clients. »

— Jeremy Kohlmann (09:00)

On ne se lève pas le matin en se demandant de quoi on a envie de parler. Sauf si tu es éducateur canin, ton chien n’a rien à faire dans ta stratégie. Chaque contenu s’ancre dans un plan qui s’adresse à des gens liés à ton offre.

2. Vouloir être partout

Instagram, TikTok, YouTube, LinkedIn en même temps quand on démarre : épuisement garanti. Dupliquer un contenu ailleurs prend une seconde, très bien. Mais développer une plateforme, c’est en comprendre les codes, vérifier que ta cible y est, et adapter ton format. Distingue bien le temps disponible de la bande passante mentale. Tu as peut-être le temps d’être sur six réseaux. Tu n’as pas l’espace mental pour les faire correctement.

3. Négliger l’accroche

« 80 % de la réussite, c’est l’accroche plus la pertinence de ton sujet. »

— Jeremy Kohlmann (10:19)

Tu peux avoir le meilleur conseil du monde : si personne ne s’arrête, ton message meurt avant d’être lu. Les trois premières secondes décident du reste. Regarde ton propre fil et demande-toi ce qui t’a fait arrêter le scroll aujourd’hui. La réponse est ta meilleure formation.

Quoi publier quand personne ne te connaît encore

Tes futurs clients ne sont pas tous au même endroit. Certains ignorent encore qu’ils ont un problème, d’autres cherchent activement à qui le confier. Trois types de contenu couvrent ce parcours.

  • TOFU (haut de tunnel) : attirer. Contenu émotionnel, narratif, parfois divertissant. Objectif : arrêter le scroll et gagner un abonnement.
  • MOFU (milieu de tunnel) : éduquer. Tutoriels, coulisses, réponses aux objections, études de cas. Objectif : prouver que ta méthode résout un vrai problème.
  • BOFU (bas de tunnel) : convertir. Preuve sociale, résultats, avant/après, interviews clients, appel à l’action clair.

Au démarrage, la répartition qui fonctionne : 60 % de TOFU, 30 % de MOFU, 10 % de BOFU. Tu ajusteras quand ton audience aura mûri. Le détail de chaque étage est décortiqué dans notre article sur la stratégie de contenu TOFU MOFU BOFU.

Un mot sur les stories, présentes sur presque tous les réseaux maintenant : c’est là que la relation se crée réellement. Coulisses, avis clients spontanés, sondages, échanges rapides. Beaucoup de ventes se déclenchent à cet endroit précis, parce que c’est là que les vraies conversations démarrent. Et une conversation privée reste le chemin le plus court vers un client, comme on l’explique dans notre méthode de setting par message.

Une plateforme, du batching, et rien d’autre

La contrainte réelle d’un entrepreneur qui démarre n’est pas le talent, c’est la régularité. Deux décisions la protègent.

Une seule plateforme. Une plateforme, une offre, rien d’autre tant que le système ne tourne pas. Une fois qu’il tourne, tu dupliques ailleurs si tu veux.

Le batching.

« Tu vas créer 20 ou 30 contenus en une seule session et comme ça, tu as un mois de contenus qui sont prêts. »

— Jeremy Kohlmann (16:07)

Une session de production par mois vaut mieux que trente micro-décisions quotidiennes. Une IA générative pour dégrossir les idées et les scripts, une application de montage sur ton téléphone, et tu publies directement sur la plateforme plutôt que via un outil tiers : la portée est meilleure. Rien de sophistiqué. Manuellement pour l’instant, et c’est très bien comme ça.

Par où commencer cette semaine

  1. Écris en une page ton offre, ta promesse, et le portrait précis de la personne à qui tu t’adresses. Tant que ce n’est pas net, ne publie pas.
  2. Choisis une plateforme, celle où ta cible passe déjà du temps. Ferme les autres onglets.
  3. Liste 20 problèmes réels de ton client idéal. Ce sont tes 20 prochains sujets.
  4. Bloque une demi-journée et produis les 20 contenus d’un coup, en respectant 60/30/10.
  5. Travaille tes accroches deux fois plus que le corps du contenu. C’est là que se joue l’essentiel.

Les chiffres d’affaires de quelques milliers d’euros par mois qu’on observe chez nos clients sur ce type de mécanique ne sont pas une promesse de résultat. C’est ce que produit une petite audience qualifiée quand les fondations tiennent et que la publication est régulière. Si tu veux la vision d’ensemble du dispositif, on l’a détaillée dans notre article sur la stratégie marketing pour coach.

Tu n’as pas besoin d’être connu. Tu as besoin d’être évident pour trois cents personnes. Bref 🙂

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Questions fréquentes

Combien d’abonnés faut-il pour vivre de son activité d’accompagnement ?

Beaucoup moins qu’on ne le croit. Quelques centaines à quelques milliers de personnes réellement qualifiées suffisent à construire une activité solide. Le critère n’est pas le nombre d’abonnés, c’est la proportion de gens qui ont le bon problème, le pouvoir d’achat correspondant et la volonté de se faire accompagner.

Sur quelle plateforme créer son audience quand on part de zéro ?

Celle où ta cible passe déjà du temps, et une seule au début. Développer une plateforme demande d’en comprendre les codes et d’adapter ses formats. Tu peux dupliquer tes contenus ailleurs une fois que le système tourne, mais pas avant.

Faut-il faire du contenu viral pour attirer des clients ?

Non, et c’est souvent contre-productif. La viralité attire des curieux, rarement des acheteurs. Un contenu qui parle précisément à ton client idéal fera moins de vues et beaucoup plus de rendez-vous.

Combien de contenus publier par semaine au démarrage ?

La régularité compte plus que le volume. Une session de production mensuelle qui te donne 20 à 30 contenus prêts vaut mieux qu’un rythme intenable pendant trois semaines suivi d’un arrêt complet.

Comment répartir ses contenus entre TOFU, MOFU et BOFU ?

Environ 60 % de TOFU pour attirer, 30 % de MOFU pour éduquer et bâtir la confiance, 10 % de BOFU pour convertir. Cette répartition s’ajuste ensuite selon la maturité de ton audience.

Peut-on créer une audience sans se montrer en vidéo ?

Oui. La vidéo accélère la confiance et installe une position d’expert, mais l’écrit et les échanges directs fonctionnent aussi. Ce qui est non négociable, c’est la clarté de l’offre et la pertinence du sujet traité.

Faut-il une offre avant de commencer à publier ?

Au minimum une direction claire. Sans lien entre ton contenu et ce que tu vends, tu construis une audience que tu ne sauras pas convertir, et tu devras tout recommencer plus tard.

PS : si tu as déjà une audience et que le problème n’est plus l’attention mais la conversion, la question change complètement. On ne travaille plus le contenu, on travaille l’offre, le tunnel et la vente. Deux chantiers différents, deux niveaux d’accompagnement différents.