Lancer une campagne publicitaire Facebook, c’est techniquement l’affaire de dix minutes. Ce qui coûte cher, c’est tout ce qu’on fait mal ensuite : trois audiences mélangées, deux accroches dans la même annonce, un budget doublé du jour au lendemain parce que le premier jour était bon. Au bout d’un mois, on a dépensé plusieurs centaines d’euros et on ne sait toujours pas ce qui a marché. Cet article reprend une session de questions-réponses menée par l’équipe de Kohlmann Publishing avec des entrepreneurs qui lançaient leurs premières annonces : la mécanique de test, le ciblage, la montée en budget et le modèle d’écriture qui sert de base à chaque publicité.
Un préalable avant de commencer. La publicité amplifie ce qui existe déjà. Si votre offre ne se vend pas encore sans elle, lisez d’abord pourquoi la publicité Facebook est un piège quand on débute. Ce qui suit s’adresse à ceux qui ont une offre qui se vend et veulent accélérer.
La règle numéro un : n’isoler qu’une seule variable à la fois
Toute la méthode tient dans un mot qui revient une dizaine de fois dans la session : isoler. Une publicité est faite de plusieurs éléments (l’accroche, l’image, le texte, l’audience, le budget). Si vous en changez deux en même temps et que les résultats bougent, vous ne saurez jamais lequel des deux a fait la différence.
« Tu veux tester plein de douleurs et tu veux avoir le résultat de ce test isolé. Mais si tu mets les deux, comment tu sais si c’est ça qui a marché ou si c’est ça ? »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (3:05)
Concrètement, pour une première campagne, on garde la même image et le même texte, et on ne fait varier que l’accroche. Quand on a trouvé l’accroche qui fonctionne, on la fige, et on teste autre chose : l’image, puis l’audience. Une variable, un résultat, une décision. C’est plus lent sur le papier, c’est beaucoup plus rapide dans les faits, parce que chaque euro dépensé vous apprend quelque chose.
Douleur ou inspiration : tester les deux angles séparément
Le premier choix à tester porte sur l’angle de l’accroche. Deux grandes familles :
- L’angle douleur : vous décrivez le problème que vit votre prospect (« Tu as mal dormi cette nuit ? »).
- L’angle inspiration : vous décrivez le résultat qu’il veut obtenir (une nuit de huit heures réparatrice, par exemple).
L’angle douleur fonctionne bien pour attirer l’attention. La session pointe son risque : il peut attirer davantage de personnes à tendance victimaire. D’où la consigne de ne pas trancher à l’avance, mais de tester les deux, chacun dans son annonce.
Et surtout, de ne pas juger le résultat au seul coût par clic. Un angle peut ramener beaucoup de monde et très peu de gens avec qui vous avez envie de travailler.
« Peut-être que tu vas te rendre compte que la douleur attire plein de personnes, mais au téléphone, les gens te saoulent. Donc OK, tu as plein de monde, mais c’est pas les personnes que tu veux. Ou inversement. »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (3:30)
Le vrai juge d’un angle, c’est la qualité des conversations qu’il déclenche. Une campagne qui remplit l’agenda de rendez-vous inutiles coûte plus cher qu’une campagne qui ramène moitié moins de contacts, tous qualifiés.
Composer une annonce : accroche, développement, appel à l’action
La structure de base présentée dans la session tient en trois blocs :
- L’accroche (le hook), qui doit arrêter le défilement. Ce peut être le titre, la première phrase, ou l’image elle-même.
- Le développement, « la viande » de l’annonce : le propos, le message que vous voulez faire passer.
- L’appel à l’action : ce que vous voulez que la personne fasse ensuite.
Maîtriser ce trio suffit pour produire des dizaines d’annonces en jouant sur les variantes. Le développement porte le message de fond de votre marché, celui qui reste le même d’une annonce à l’autre. Dans l’exemple du sommeil utilisé pendant la session, ce message serait « il suffit de bien dormir pour être en bonne santé ». Une fois ce message clair, chaque annonce devient un angle différent sur la même idée, et votre publicité, votre page de capture et votre vidéo de présentation racontent la même histoire. C’est ce qui permet à l’audience de l’assimiler.
Pourquoi ne pas copier les tendances
Une question de la salle portait sur les tendances du moment (formats humoristiques, gimmicks visuels qui « arrêtent » le scroll). La réponse est nette : les suivre revient à faire comme tout le monde, et un procédé que tout le monde utilise cesse de fonctionner. La différence vient d’ailleurs.
« Les meilleures pubs, c’est les pubs les plus simples, et les pubs où tu vas vraiment parler avec authenticité. »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (2:16)
Votre entreprise est unique par ses valeurs. Si vous parlez de la douleur de votre client avec vos mots, vous êtes déjà différent. Pas besoin d’aller chercher l’astuce du mois. Pour le détail d’une annonce qui éduque avant de vendre, l’article sur la publicité éducative décortique la structure qui a porté nos campagnes.
Le format de départ : une image, un texte, dix minutes
Vidéo ou image ? Tout se teste, mais le point de départ recommandé est le plus simple : une image avec un texte, et on ne change que l’accroche. On isole les meilleurs angles, et c’est seulement ensuite qu’on les décline en vidéo, qui demande plus de production.
« Je teste juste un hook et je regarde en fait si ça clique. Et comme ça, c’est très simple, en 10 minutes, j’ai ma pub qui est lancée. »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (9:18)
Ce réflexe évite un piège classique : passer trois semaines à produire une vidéo léchée pour un angle qui ne clique pas. Validez l’angle au moindre coût, produisez ensuite.
Cibler sans se disperser : un intérêt par ensemble de publicités
Deuxième variable à isoler, l’audience. La règle est la même que pour l’accroche : une audience par ensemble de publicités (l’ad set), et un seul centre d’intérêt par audience. Si vous mettez course à pied, trail et marathon dans la même audience, vous ne saurez pas lequel des trois ramène vos clients. En revanche, vous pouvez diffuser la même annonce sur deux ou trois audiences différentes, chacune dans son propre ensemble.
Pour trouver des intérêts pertinents, la session donne une astuce gratuite : si vous ressemblez un peu à votre client, ouvrez Facebook, cliquez sur « Pourquoi je vois cette publicité ? » sur une annonce de votre secteur, et vous verrez les intérêts utilisés pour vous cibler. C’est une liste d’idées toute faite.
Ciblage large ou ciblage par intérêts ?
Les deux. L’algorithme de la plateforme sait aujourd’hui très bien trouver les acheteurs à partir d’un ciblage large, et sur certains comptes, ça fonctionne à merveille. Sur d’autres, pas du tout. La méthode consiste donc à lancer en parallèle un ensemble en ciblage large et des ensembles par intérêt, puis à garder ce qui marche et à couper le reste.
Ce que ça donne sur un vrai compte
Un participant a raconté son premier lancement. Même image, même texte, seule l’accroche changeait. Trois campagnes larges par pays (France, Belgique, Suisse) et deux centres d’intérêt liés à son métier. Au bout de sept jours, un seul pays ne donnait rien : il l’a coupé. Il a ajouté un nouvel intérêt, qui a ramené autant de contacts que les autres. Puis il a gardé l’accroche la plus performante et en a testé une nouvelle sur la même image : zéro contact en quatre jours, coupée aussi.
Résultat de ce premier cycle : 22 appels réservés, environ 2 000 € dépensés en publicité et 10 000 € de ventes. Avec une nuance qu’il a pointée lui-même : il voyait d’où venaient les contacts, mais pas encore d’où venaient les ventes. Le quantitatif sans le qualitatif, c’est une moitié de pilotage. Autre leçon de son retour : entre « vendu » et « encaissé », il y a un écart. Des prospects qui disent oui en appel ne signent pas toujours, et il a dû resserrer son process de signature (contrat électronique avec une durée de validité courte, signé dans la foulée de l’appel).
Côté contacts, la vitesse de traitement compte autant que la campagne. Un contact qui attend deux jours n’est plus le même contact : l’article sur les 5 minutes qui décident de la vente détaille pourquoi.
Quel budget pour une campagne publicitaire Facebook, et comment l’augmenter
La question du budget revient toujours. La réponse de la session : on peut commencer à 5 € par jour, mais il faudra très longtemps pour obtenir des données exploitables. La recommandation donnée est de l’ordre de 150 € par jour pour apprendre vite.
« Plus tu dépenses, plus tu as des résultats rapidement. Soit tu achètes du temps et donc tu dépenses beaucoup, soit tu veux perdre du temps, donc tu vas dépenser très peu d’argent sur beaucoup de temps. Mais à la fin, tu vas devoir dépenser la même somme. »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (9:23)
C’est le point que beaucoup ratent. Le montant nécessaire pour qu’une campagne livre ses enseignements est à peu près fixe. Dépenser 20 € par jour rassure, mais ne rend pas le test moins cher : il le rend juste plus long.
Monter en budget par paliers de 25 %
Quand une annonce tient un coût par contact et un coût par vente supportables, la tentation est de multiplier le budget par quatre. C’est précisément ce qu’il ne faut pas faire. La règle donnée : augmenter de 25 % à la fois, en espaçant les hausses de quelques jours, et toujours en fonction des résultats observés.
La raison tient dans un exemple chiffré de la session. Une annonce peut rapporter 10 € pour 1 € dépensé sur les 10 000 premiers euros, soit environ 90 000 € de gain. Si vous poussez à 100 000 € de dépense, elle ne rapportera pas un million : le facteur tombe peut-être à 3. Vous gagnez alors davantage en valeur absolue (autour de 200 000 €), mais chaque euro supplémentaire rapporte moins. Monter par paliers permet de voir venir cette baisse et de s’arrêter au bon niveau, au lieu de la découvrir en brûlant le budget.
Et combien de temps laisser tourner une annonce qui marche ? Tant qu’elle marche. Les signaux de fatigue arrivent progressivement, rarement du jour au lendemain.
Le retargeting : pas de règle universelle
Faut-il recibler dès le départ les gens qui ont déjà vu vos annonces ? Deux approches coexistent, et le choix dépend de votre présence en dehors de la publicité. Chez Kohlmann Publishing, on ne fait pas de retargeting : la personne qui gère nos campagnes considère que, quand on produit autant de contenu sur autant de médias, recibler revient à dépenser de l’argent pour rien. À l’inverse, pour une marque nouvelle qui n’a pas encore d’audience, le retargeting se justifie dès le lancement, notamment autour d’un événement de conversion.
Écrire le texte avec le modèle AIDA
Dernière partie de la session : le modèle d’écriture. Il est connu, il est simple, et il reste le plus fiable pour une première annonce. AIDA, pour Attention, Intérêt, Désir, Action.
A comme Attention : écrire le dialogue intérieur du prospect
« Comment on va capter l’attention ? En écrivant le discours interne que nos prospects ont déjà dans leur tête. Qu’est-ce qu’ils sont en train de se dire quand ils scrollent sur Facebook ? »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (16:28)
« Tu as mal dormi cette nuit ? » fonctionne. Plus efficace encore : parler à la première personne. « Cette nuit, j’ai vraiment mal dormi, je suis épuisé, et du coup on vient de se disputer avec ma femme. » Le lecteur se reconnaît avant même de savoir qu’il lit une publicité. Pour trouver ces phrases, il faut connaître la douleur de votre client mieux que lui : la méthode pour creuser les problèmes de votre niche sert exactement à ça.
I comme Intérêt : apporter la preuve
Une fois l’attention captée, on montre qu’on a déjà réglé ce problème pour quelqu’un. Dans l’exemple (fictif) de la session : Frédéric ne dormait pas, il était irritable avec sa femme et ses enfants ; après avoir appliqué la méthode, il est apaisé, va chercher ses enfants à l’école et joue avec eux. La preuve fait passer la promesse du possible au démontré.
D comme Désir : lever les objections
Chaque lecteur se dit « oui, mais moi ». Oui, mais je n’ai pas le temps. Oui, mais je travaille de nuit. Oui, mais ma situation est différente. Il existe des centaines d’objections, et le désir naît quand l’annonce en lève les principales : c’est possible pour vous aussi, même dans votre situation.
A comme Action : un appel simple et gratuit
Enfin, on dit quoi faire : regarder une vidéo gratuite de quinze ou quarante-cinq minutes, par exemple, via un lien. Un seul appel à l’action, une seule étape.
Une annonce sur cent : accepter que la plupart des tests échouent
C’est probablement la phrase la plus utile de la session, et celle que les débutants entendent le moins.
« On a beau tout bien faire, on a beau être le meilleur expert au monde, il y en aura une sur 100 qui va vraiment bien marcher et 99 que vous allez jeter à la poubelle. »
— Session Q&R Kohlmann Publishing (7:50)
Un intervenant a illustré le propos avec un client de la billetterie en ligne qui dépensait 40 000 € par mois en publicité : les annonces que l’équipe jugeait certaines de cartonner ne donnaient rien, et celles qu’elle trouvait franchement mauvaises étaient les plus rentables. On ne peut pas prédire quelle annonce va fonctionner, parce qu’une partie des facteurs échappe à tout le monde. Le copywriting ne garantit pas le succès : il augmente la probabilité.
La conséquence est opérationnelle. Votre travail n’est pas d’écrire la publicité parfaite, c’est d’installer un système qui teste beaucoup, vite, proprement, et qui garde les rares gagnantes. Une variable à la fois, un budget suffisant pour apprendre, des paliers de 25 % pour monter, et un tri fait sur la qualité des rendez-vous plutôt que sur le coût par clic. Bref 🙂
PS : si vous dirigez une entreprise de services qui tourne déjà et que la publicité est le levier que vous voulez structurer, le sujet n’est plus l’annonce mais tout ce qui l’entoure : le traitement des contacts, l’équipe qui les appelle, le suivi du vendu à l’encaissé. C’est ce travail d’organisation que nous menons avec les dirigeants que le cabinet accompagne.
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FAQ : lancer une campagne publicitaire Facebook
Comment lancer sa première campagne publicitaire Facebook ?
Commencez simple : une image, un texte, et une seule variable qui change, l’accroche. Lancez plusieurs annonces qui ne diffèrent que par leur accroche, identifiez celle qui fonctionne, puis testez l’image, puis l’audience. Une variable à la fois, sinon vous ne saurez jamais ce qui a produit le résultat.
Quel budget prévoir pour une publicité Facebook ?
On peut démarrer à 5 € par jour, mais il faudra très longtemps pour obtenir des données exploitables. La recommandation donnée dans la session est de l’ordre de 150 € par jour. Le montant nécessaire pour apprendre est à peu près le même dans les deux cas : un petit budget rend le test plus long, pas moins cher.
Comment augmenter le budget d’une publicité qui marche ?
Par paliers de 25 %, espacés de quelques jours, en surveillant le coût par contact et le coût par vente. Ne multipliez jamais le budget par quatre d’un coup : le rendement d’une annonce baisse quand la dépense augmente, et la montée progressive permet de voir arriver cette baisse.
Faut-il mettre plusieurs centres d’intérêt dans une audience ?
Non. Un seul centre d’intérêt par audience, et une audience par ensemble de publicités. Sinon vous ne savez pas lequel des intérêts ramène vos clients. Vous pouvez en revanche diffuser la même annonce sur plusieurs audiences, chacune dans son propre ensemble, et tester en parallèle un ciblage large.
Faut-il faire du retargeting dès le départ ?
Cela dépend de votre présence hors publicité. Une marque qui publie déjà beaucoup de contenu sur plusieurs médias peut s’en passer : c’est le choix fait chez Kohlmann Publishing. Une marque nouvelle, sans audience, a intérêt à recibler dès le lancement, notamment autour d’un événement de conversion.
Combien de publicités fonctionnent vraiment ?
Très peu. L’ordre de grandeur donné dans la session est d’une annonce sur cent qui marche vraiment bien, les autres finissant à la poubelle, même avec une bonne méthode. Le copywriting augmente la probabilité de succès, il ne la garantit pas. D’où l’intérêt de tester beaucoup, vite et proprement.
Qu’est-ce que le modèle AIDA en publicité ?
AIDA signifie Attention, Intérêt, Désir, Action. Attention : écrire le dialogue intérieur du prospect. Intérêt : apporter la preuve qu’on a déjà réglé ce problème pour quelqu’un. Désir : lever les objections du type « oui, mais moi ». Action : un appel simple, par exemple regarder une vidéo gratuite.
