Déléguer pour construire une entreprise qui tourne sans vous, c’est la question qui sépare le solopreneur surchargé du chef d’entreprise. La plupart des indépendants à six chiffres restent coincés au même endroit pendant des années : ils savent vendre, ils savent livrer, ils ne savent pas recruter. Voici la mécanique exacte appliquée chez Kohlmann Publishing pour structurer une équipe de freelances qui tient une activité d’accompagnement high ticket à plus d’un million d’euros par an, sans tour de contrôle permanent du fondateur.
Recruter dès le premier mois : la décision qui change la trajectoire
Le piège classique du solopreneur, c’est d’attendre d’être débordé pour commencer à déléguer. Le résultat : on recrute dans la panique, on choisit mal, on perd du temps à former pendant qu’on perd des clients. La logique inverse fonctionne mieux. Recruter avant d’avoir besoin, pour avoir le temps de bien recruter.
« Au premier mois de ma nouvelle boîte j’ai commencé à recruter. J’avais passé 3 ans avant à faire du solo business. Quand j’ai arrêté le solo, je savais que je voulais faire de la croissance et créer une vraie entreprise. »
— Jeremy Kohlmann (00:30)
L’ordre des recrutements compte autant que la décision de recruter. Première vague : comptable, juridique, et les compétences support qui sécurisent l’opérationnel. Deuxième vague : des coachs qui aident à servir la demande. Troisième vague : des vendeurs pour absorber les rendez-vous. Ensuite seulement : support client et marketing. La logique est toujours la même. On recrute le maillon qui sature, pas celui qui flatte l’ego ou qui ressemble à une organigramme de grosse boîte.
Le vrai milestone : un million par an, en cinq heures par semaine
Le but d’une entreprise qui tourne sans vous, ce n’est pas de ne plus travailler. C’est de pouvoir ne pas travailler sans que le chiffre s’écroule. Nuance énorme.
« Le but depuis le début c’est de dire j’aime ce que je fais, je veux le faire longtemps, je veux le faire beaucoup, et je veux gagner beaucoup d’argent. Mais je veux pouvoir parfois, quand j’en ai envie, ne rien faire et pas avoir de perte de revenus, et pas de perte pour les clients. »
— Jeremy Kohlmann (01:25)
Le premier milestone visé chez Kohlmann Publishing : un million d’euros par an, maintenable en cinq heures par semaine si le fondateur le décide. Le chiffre n’est pas une promesse marketing. C’est un test de structure. Si l’entreprise nécessite 60 heures du dirigeant pour tenir, c’est un job, pas une entreprise. Si elle tient à cinq, vous avez une vraie option : continuer à pousser pour aller chercher deux, trois, quatre, cinq millions, ou ralentir sans rien casser.
La preuve par l’absence : six semaines de congé paternité prises récemment. L’entreprise a tourné. Plus de 180 clients étaient accompagnés à ce moment-là. Aucun n’a perdu en qualité de service. C’est ça, une entreprise structurée. Pas un truc qui s’effondre quand le fondateur prend une semaine.
La règle d’or : recruter des gens qui kiffent ce que vous détestez
Voici l’erreur la plus fréquente quand un dirigeant délègue pour la première fois : il recrute pour cloner sa propre zone de génie, pas pour combler ses angles morts. Résultat : il garde sur son bureau toutes les tâches qu’il déteste, et il sous-utilise le profil qu’il vient d’embaucher.
La méthode inverse : cherchez ce dans quoi vous êtes devenu bon par obligation mais que vous n’aimez pas. Comptabilité, juridique, outils techno, reporting, structuration de TVA intracommunautaire. Puis trouvez les gens qui kiffent exactement ça. Ils existent. Beaucoup plus qu’on ne le croit.
« Il y a des gens qui adorent ça, vraiment ça les éclate. Moi j’en connais, je connais des gens qui passent des fois une nuit complète à fouiller je sais pas combien de milliers de pages de la TVA intracommunautaire européenne pour trouver une ligne qui les arrange et ils sont heureux d’avoir réussi. Il y a des gens qui kiffent tout. »
— Jeremy Kohlmann (05:30)
Le calcul est simple. La personne récupère un job qu’elle adore et qui paie bien. Vous récupérez du temps sur une tâche que vous détestiez et qui était mal faite parce que vous la subissiez. Tout le monde gagne. Personne ne sacrifie. Cette mécanique est la base d’une équipe qui ne crame pas au bout de six mois.
L’attitude bat la compétence : ce que dit la scorecard
Avant même de chercher quelqu’un, formaliser le poste. Pas une vague fiche, une vraie scorecard. Quelles compétences attendues, quels résultats mesurables à 30, 90, 365 jours, quelle attitude requise, quel niveau d’énergie, quel rapport au feedback. Cette étape RH parait chiante. C’est elle qui empêche les drames trois mois plus tard.
« Les compétences ça s’apprend, ça se forme, c’est notre métier en plus, donc ça on sait faire. Mais une personne qui a le bon état d’esprit, c’est facile de la rendre compétente. Une personne qui est compétente mais qui est insupportable, tu la rends pas agréable. »
— Jeremy Kohlmann (03:30)
Concrètement : un candidat brillant techniquement mais désagréable avec le reste de l’équipe pollue plus que ce qu’il produit. Un candidat moyen techniquement mais bien aligné devient bon en quelques mois si vous avez la machine de formation interne. Le bon état d’esprit est non négociable. La compétence pure se rattrape.
Le test 1 mois / 3 mois / 1 an : la mécanique anti-erreur de recrutement
Une fois la personne identifiée, ne jamais s’engager directement sur un an. Le protocole interne chez Kohlmann Publishing tient en trois paliers :
- Premier mois : test humain. Aucun résultat attendu. Une seule question : est-ce que je supporte cette personne au quotidien, et est-ce qu’elle me supporte ? Si non, on s’arrête là, sans rancune.
- Trois mois suivants : test de production. Maintenant on regarde les résultats. Est-ce que la personne livre, dans quel délai, avec quelle qualité, avec quelle initiative ? Est-ce que ce qu’on a défini dans la scorecard se vérifie ?
- Un an et plus : engagement long. Si les deux premiers paliers passent, on bascule sur de la collaboration durable, on investit en formation, en mise en réseau, en team building.
Ce protocole protège des deux pires erreurs RH : signer trop vite avec une personne incompatible, et trainer trop longtemps une collaboration qui ne fonctionne pas par peur de fermer la porte. Quand le cadre est clair dès le départ, la séparation devient une étape prévue, pas un drame.
« Un mauvais recrutement ça coûte cher, ça peut très vite coûter très cher. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui je prends beaucoup plus de temps pour les penser intelligemment, et puis je teste vite, je mets vite les gens dans le bain, et puis on regarde ce qui se passe. »
— Jeremy Kohlmann (04:44)
Freelances ou salariés : la doctrine pour une entreprise high ticket
L’équipe Kohlmann Publishing est composée uniquement de freelances. Pas par dogme. Par calcul. Trois raisons concrètes :
- Souplesse juridique. Les enjeux d’une rupture restent émotionnels, financiers, réputationnels. Pas judiciaires.
- Accès aux meilleurs. Les meilleurs spécialistes d’un domaine sont souvent indépendants. Ils ne veulent pas être salariés. Imposer un CDI, c’est se priver des A-players.
- Marge. En France, salarier quelqu’un coûte environ deux fois ce qu’on lui verse net. Le format freelance permet de mieux payer la personne, et de garder une marge de manœuvre pour réinvestir dans l’entreprise.
Attention au piège classique en France : la requalification en salariat déguisé. La doctrine interne est simple. Les freelances avec qui on travaille ont des entreprises, pas des micros subis. Ils ont d’autres clients que Kohlmann Publishing. On ne compte pas leurs heures. On n’impose pas de présence. Pas de lien de subordination direct. La logique : on accompagne et on forme des entrepreneurs, donc on s’entoure d’entrepreneurs.
« Je choisis le freelancing parce que c’est plus souple juridiquement pour moi, parce que j’estime que les meilleurs sont indépendants et veulent pas du tout être salariés, et parce que ça me permet de mieux payer les gens et parce que je veux pas donner 80 % à l’État en charges diverses et variées. »
— Jeremy Kohlmann (06:20)
Investir sur des freelances : la partie que personne ne fait
La logique habituelle : « on investit sur les salariés, on consomme les freelances ». Erreur. Les freelances qui restent fidèles à une entreprise pendant des années sont ceux qu’on traite comme des membres de l’équipe, pas comme des prestataires interchangeables.
Concrètement chez Kohlmann Publishing : les freelances accèdent aux formations internes de l’entreprise, sont invités aux team building, aux séminaires, aux événements. Et c’est l’entreprise qui paie leur présence, pas eux. Le contraire de certaines pratiques qu’on voit dans le marché, où des freelances sont obligés de venir à leurs frais à un séminaire qu’on les force à fréquenter.
Résultat de cette doctrine : les freelances restent parce qu’ils kiffent, pas parce qu’ils sont contractuellement coincés. C’est exactement ce qu’on veut.
Embarquer une équipe : intégrer leur vision dans la vôtre
Une vision d’entreprise ne tient pas si elle reste dans la tête du fondateur. Elle doit être lisible, partageable, et ouverte. Et surtout, elle doit faire de la place aux projets personnels des gens qui composent l’équipe.
« Moi j’ai une vision pour l’entreprise, les équipes la connaissent, mais il faut qu’ils voient comment intégrer leur vision dans ma vision. C’est-à-dire : comment moi je progresse dans la progression de l’entreprise, quels sont les prochains projets, qu’est-ce que je peux apprendre, sur quoi je vais travailler dans un an, dans trois ans, dans cinq ans. »
— Jeremy Kohlmann (07:20)
Cela implique une règle quasi-héretique en gestion d’équipe française : encourager activement les gens à partir s’ils ne s’épanouissent plus. Pas par froideur. Par cohérence. Quand on accompagne et qu’on forme des entrepreneurs, on s’entoure d’entrepreneurs. Un entrepreneur qui ne se nourrit plus de son rôle doit pouvoir partir librement. Soit l’entreprise lui propose un nouveau terrain qui le motive, soit elle accepte le départ et lui souhaite bonne route.
Ce niveau de liberté change la dynamique. Les gens restent par envie, pas par captivité. La qualité du travail explose. Et paradoxalement, la rétention augmente. Les freelances et collaborateurs qui ont vu qu’on les laisse vraiment libres sont ceux qui choisissent de rester le plus longtemps.
Le piège de la délégation mal pensée
Une mécanique simple pour finir, tirée du livre Buy Back Your Time de Dan Martel. Il y a deux raisons de recruter, et une seule est bonne.
- Mauvaise raison : recruter pour que la personne fasse croître l’entreprise à votre place.
- Bonne raison : recruter pour gagner du temps que vous allez réinvestir dans la croissance de l’entreprise.
Quand on a compris ça, on a tout compris à la délégation. Recruter n’est pas un transfert de mission de croissance. C’est un levier qui libère le dirigeant pour qu’il fasse ce que lui seul peut faire. La distinction parait subtile. Elle change tout en pratique.
Cette mécanique s’applique aussi bien au premier freelance recruté à 3 heures par mois qu’à une équipe de 15 personnes qui tient un million par an. Le principe est le même : libérer du temps de fondateur pour aller chercher la prochaine étape, sans transférer la responsabilité de croissance à quelqu’un d’autre.
Ce que cette méthode produit dans la durée
Chez Kohlmann Publishing, cette mécanique a permis d’accompagner plus de 3 000 entrepreneurs, dont plus de 1 000 sur des programmes high ticket, sans que la structure repose sur la présence permanente du fondateur. C’est ce qu’on voit dans des parcours comme celui de Corentin qui a triplé son chiffre d’affaires en passant par le Mastermind Fast & Slow, ou dans la façon dont Jean Maslo a structuré son activité de coaching running au-delà de la simple prestation solo.
La logique fonctionne pour tous les métiers de service : coach, thérapeute, consultant, expert. Tant qu’il y a une zone de génie à protéger et une opérationnelle à structurer, la méthode tient. Pour aller plus loin sur l’amont (comment se positionner comme expert avant même de chercher à recruter), voir le guide complet sur la méthode pour devenir coach business.
Bref 🙂
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FAQ — Déléguer et structurer son entreprise
Quand faut-il commencer à déléguer quand on est solopreneur ?
Le plus tôt possible. Idéalement avant d’être saturé. Recruter dans la panique aboutit presque toujours à un mauvais recrutement. Recruter avec du temps devant soi permet d’utiliser le protocole 1 mois / 3 mois / 1 an et de tester sans pression.
Faut-il recruter en CDI ou travailler avec des freelances ?
Pour une entreprise de service high ticket en France, le format freelance offre trois avantages : souplesse juridique, accès aux meilleurs spécialistes (souvent indépendants par choix), et meilleur ratio coût pour le client / rémunération réelle. La condition : les freelances doivent avoir leur propre entreprise et d’autres clients, pour éviter la requalification en salariat déguisé.
Comment trouver des freelances meilleurs que soi ?
En cherchant des spécialistes qui adorent ce que vous n’aimez pas faire. Pour chaque tâche que vous détestez (comptabilité, juridique, outils techno, reporting), il existe des personnes qui passent des nuits entières dessus avec plaisir. Le job du dirigeant est de les identifier et de leur confier la zone correspondante.
Comment tester un nouveau collaborateur avant de s’engager ?
Trois paliers : un mois de test humain (s’apprécier au quotidien, sans attente de résultats), trois mois de test opérationnel (vérifier la production réelle contre la scorecard), puis engagement long terme à partir d’un an si les deux premiers paliers passent.
Comment embarquer une équipe sans lien de subordination ?
En traitant les freelances comme des membres de l’équipe sur les aspects non contractuels : accès aux formations internes, invitation aux team building et séminaires, mise en relation avec d’autres freelances et clients, accompagnement individuel. Le tout sans imposer présence ni heures.
Combien de temps pour qu’une entreprise tourne sans son fondateur ?
Le test ultime : être capable de prendre six semaines sans que rien ne s’écroule, et sans dégrader la qualité de service. C’est le cas chez Kohlmann Publishing pendant un récent congé paternité, alors que plus de 180 clients étaient accompagnés simultanément. Cela suppose une équipe structurée, des processus documentés, et une délégation pensée en amont.
Quel livre lire pour mieux déléguer ?
Buy Back Your Time de Dan Martel résume la philosophie en un principe : recruter pour gagner du temps que vous réinvestissez dans la croissance, pas pour transférer la mission de croissance à quelqu’un d’autre.
