La plupart des gens qui cherchent une idée de business partent du mauvais endroit. Ils cherchent une idée « originale », un marché vierge, une passion dévorante qu’ils n’ont pas. Jeremy Kohlmann prend le problème dans l’autre sens : vous avez déjà la matière, elle se trouve dans ce que vous savez, ce que vous aimez ou ce que vous êtes prêt à apprendre. Dans l’extrait ci-dessus, il explique pourquoi un niveau moyen suffit pour enseigner, pourquoi même un centre d’intérêt atypique peut trouver des clients, et à quelle condition une compétence devient une activité qui rapporte.
Idée de business : partir de vos centres d’intérêt, pas d’une passion
Le discours dominant sur internet tient en une injonction : « vivez de votre passion ». Le problème, c’est que la majorité des gens n’ont pas de passion dévorante pour un sujet. Ils se disent donc qu’ils n’ont rien à vendre, et ils s’arrêtent là.
« Aujourd’hui, la plupart des gens pensent que pour vivre de sa passion, il faut être une star, avoir des millions de followers ou être expert en marketing. »
Jeremy Kohlmann (0:11)
Sa réponse : mettre la passion de côté quelques secondes et regarder les centres d’intérêt. Tout le monde en a, des typiques et des atypiques, et ce sont eux qui intéressent les autres (1:05). La cuisine, la photo, le bien-être, l’aménagement, le sport, l’art, la déco, les relations, le tricot, la couture, les animaux : la liste qu’il égrène dans la vidéo n’a rien d’exotique. C’est précisément le point.
Il pose aussi une limite claire à ce qu’il propose. Il ne parle ni d’e-commerce, ni de vente en réseau, ni de PDF vendus à la chaîne, mais d’une méthode qui a permis à plusieurs centaines de personnes accompagnées par le cabinet de vivre de ce qui les intéresse, dans les relations, la déco, l’art ou le sport.
La règle du 3 sur 10 : vous n’avez pas besoin d’être expert
Le deuxième blocage arrive juste après : « je ne suis pas assez bon pour enseigner ça ». Jeremy Kohlmann le démonte avec une phrase qu’il demande de retenir avant tout le reste.
« Peu importe ce que vous savez, peu importe ce que vous aimez ou peu importe ce que vous êtes prêt à apprendre, il y a quelqu’un quelque part qui voudrait vous payer pour l’apprendre avec vous. »
Jeremy Kohlmann (1:26)
L’argument tient dans une image : pour apprendre à conduire, on veut un moniteur d’auto-école, pas un pilote de Formule 1. Le pilote est meilleur, mais il est trop loin du débutant pour comprendre ce qui le bloque.
« Si vous êtes 3 sur 10 dans un sujet, vous êtes la meilleure personne pour l’apprendre à ceux qui sont à zéro ou à un. Et ceux qui sont à 10 sur 10, ils ne peuvent pas leur parler. »
Jeremy Kohlmann (2:27)
Concrètement, la question à se poser change. Il ne s’agit plus de savoir si vous êtes le meilleur sur votre sujet, mais si vous avez deux ou trois crans d’avance sur quelqu’un qui démarre, et si vous vous souvenez encore de ce qui coince au début. Ce souvenir vaut de l’argent : c’est lui qui vous permet d’expliquer simplement ce qu’un expert a oublié avoir appris.
Même un hobby bizarre peut devenir une idée de business
Le passage le plus marquant de l’extrait est une série d’exemples choisis pour faire sourire, et pour faire tomber l’idée qu’un sujet serait « trop bizarre » pour trouver preneur.
Côté clients du cabinet, Jeremy Kohlmann cite Agata, artiste, qui accompagne aujourd’hui d’autres artistes tout en continuant à peindre (son parcours est raconté dans le témoignage d’une artiste peintre qui a ajouté l’accompagnement à son activité), et Pauline, ancienne DJ, qui aide des artistes de la musique à se développer. Il évoque aussi des activités dans la photographie animalière, la couture, ou le coloriage utilisé pour gérer le stress.
Puis il pousse le curseur plus loin, avec des exemples américains :
- une personne qui fait environ 100 000 dollars par an en organisant des courses de furets et en montrant comment les organiser (3:25) ;
- une autre qui fait environ 50 000 dollars par an en expliquant comment faire des courses de caisses à savon ;
- une personne qui fait des millions en vendant des « cailloux de compagnie », avec un équivalent français plus modeste qui fonctionne aussi ;
- un pianiste de spectacle assez connu qui atteint, selon lui, un million par mois avec des cours de piano.
Le dernier exemple est accompagné d’une précaution que Jeremy Kohlmann formule lui-même : ce pianiste avait une notoriété préalable, et n’importe quel cours de piano ne fera pas ces chiffres. Les ordres de grandeur qu’il observe plus souvent dans l’apprentissage de la musique ou des loisirs se situent entre 3 000 et 5 000 €, et jusqu’à 30 000 ou 40 000 € de chiffre d’affaires mensuel pour les activités les plus développées (4:26).
« Bien sûr, avec des trucs un peu atypiques, on ne va pas faire 3 millions par an, c’est sûr. Mais vous pourriez quand même déjà faire 500 € par mois avec un truc que vous aimez particulièrement. »
Jeremy Kohlmann (3:59)
Ces chiffres sont des observations de marché, pas une promesse. Leur intérêt est ailleurs : ils montrent que la taille du sujet fixe un plafond, pas un plancher. Un sujet de niche ne vous interdit pas de démarrer, il vous indique jusqu’où vous pourrez monter. Pour évaluer ce plafond avant de vous lancer, la grille des 8 critères du business parfait détaille comment regarder la taille du marché et sa capacité à payer.
Ce qui transforme un centre d’intérêt en idée de business qui rapporte
Un centre d’intérêt seul ne fait pas une activité. Juste après l’extrait, dans la vidéo complète, Jeremy Kohlmann ajoute la pièce qui manque : le besoin de quelqu’un en face. Il reprend une version simplifiée de la notion d’ikigai, la jonction entre ce que vous aimez, ce dont le monde a besoin et ce que les gens sont prêts à payer (vidéo complète, 4:17). D’un côté une passion, un centre d’intérêt ou une compétence ; de l’autre des personnes qui veulent apprendre ou progresser. L’argent se gagne à l’intersection.
Vendre la compétence au service d’autre chose
Son exemple le plus utile porte sur le dessin. Apprendre à dessiner, vendu tel quel, ne vaut peut-être pas grand-chose aux yeux d’un acheteur. Le dessin comme solution au stress, en revanche, répond à un problème que certaines personnes paieraient cher pour régler (vidéo complète, 4:44).
Il applique le même raisonnement à la vidéo. Vendre « de la vidéo » paraît difficile, compliqué et cher. Mais la vidéo au service d’un safari où l’on vit une expérience rare, la vidéo pour garder une trace des discussions avec ses grands-parents, ou la vidéo pour aider une entreprise à se positionner et à attirer des clients, ce sont trois activités différentes, avec trois publics différents (vidéo complète, 5:19).
La consigne qui en découle tient en une ligne : prenez ce que vous savez, mettez-le en relation avec un public qui a un besoin, et c’est à partir de là que vous construisez une offre. Pour aller plus loin sur le choix de ce public, l’article trouver sa niche en coaching détaille comment partir d’un problème ou d’un profil de client.
Habiller l’idée en offre
Une fois le public trouvé, la vidéo source propose une structure d’offre simple : un temps, pour atteindre un résultat, grâce à une méthode, sans avoir à faire ce que la personne pensait nécessaire (vidéo complète, 8:12). L’exemple donné dans le tricot, « un mois pour faire le meilleur pull de Noël moche de ta vie », montre la différence avec un cours vendu à l’heure : l’acheteur ne se demande plus combien vaut une heure, il se demande combien vaut le résultat. La méthode pour écrire cette offre est développée dans l’article sur l’offre best-seller vendue par écrit.
Tester votre idée de business en 5 étapes
Voici la mécanique de l’épisode, remise dans l’ordre pour être appliquée cette semaine.
- Listez vos centres d’intérêt, sans filtre. Ce que vous savez faire, ce que vous aimez, ce que vous êtes prêt à apprendre. N’écartez rien parce que c’est « trop bizarre » : les exemples de la vidéo prouvent que ce critère ne tient pas.
- Notez-vous sur 10 pour chaque sujet. Gardez ceux où vous êtes au moins à 3. Pour chacun, décrivez la personne qui est à 0 ou à 1 : c’est votre client potentiel.
- Trouvez le besoin derrière la compétence. Demandez-vous à quoi elle sert dans la vie de cette personne : gérer son stress, garder des souvenirs, gagner des clients, briller à Noël. C’est ce besoin que vous vendrez, pas la technique.
- Allez parler à de vrais gens. Dans la vidéo complète, Jeremy Kohlmann donne la voie la plus simple pour valider le prix et l’intérêt : parler directement à des personnes de votre audience potentielle, regarder ce qui existe déjà et ce que coûtent les fausses solutions (vidéo complète, 10:46).
- Choisissez un seul réseau social pour démarrer. Celui où se trouve votre cible, celui où vous aimez publier, celui que vous consommez déjà et dont vous connaissez les codes (vidéo complète, 11:39). La logique complète est décrite dans la méthode « tout au même endroit ».
Ensuite, la vidéo se termine sur une règle d’amélioration continue : chercher à être 1 % meilleur chaque semaine sur le contenu, la vente et la qualité de l’accompagnement (vidéo complète, 14:52). Jeremy Kohlmann précise que la limite tient à la taille du marché, au temps et aux efforts investis.
Les trois pièges qui tuent une bonne idée de business
Courir après la mode du moment
L’e-commerce, la vente en réseau, les PDF vendus en masse : Jeremy Kohlmann les écarte d’entrée parce qu’ils vous font partir d’un modèle à la mode plutôt que de ce que vous savez déjà. Vous repartez de zéro sur un sujet qui ne vous intéresse pas, face à des milliers de concurrents.
Attendre d’être expert
Repousser le lancement jusqu’au 10 sur 10, c’est s’éloigner de ceux qui ont le plus besoin de vous. La règle du moniteur d’auto-école fonctionne dans les deux sens : plus vous attendez, plus vous oubliez ce que vit le débutant.
Vendre la technique au lieu du résultat
Un cours de dessin se compare à tous les cours de dessin. Une méthode pour décompresser après le travail se compare à beaucoup moins de choses. Le même savoir-faire change de valeur selon le problème auquel vous l’attachez.
Ce qu’il faut retenir
Une idée de business se trouve rarement en cherchant une idée. Elle se trouve en croisant ce que vous savez déjà, à un niveau honnête de 3 sur 10, avec une personne qui en est à zéro et qui a un vrai besoin. Le sujet peut être banal ou franchement atypique : il fixe jusqu’où vous pourrez aller, pas si vous pouvez commencer. Faites la liste ce soir, choisissez un sujet, et allez en parler à cinq personnes concernées avant d’écrire la moindre offre.
Bref, votre hobby le plus bizarre mérite au moins une conversation 🙂
PS : si vous dirigez déjà une activité qui tourne et que la question n’est plus « quelle idée » mais « comment faire tenir la croissance », le sujet devient l’organisation. L’article structurer son entreprise raconte comment une seule offre peut porter une entreprise de services bien plus loin qu’on ne l’imagine.
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FAQ : trouver une idée de business
Comment trouver une idée de business quand on n’a pas de passion ?
Jeremy Kohlmann conseille de laisser la passion de côté et de regarder ses centres d’intérêt : ce que l’on sait, ce que l’on aime ou ce que l’on est prêt à apprendre. La plupart des gens n’ont pas de passion dévorante, mais tout le monde a des centres d’intérêt qui peuvent intéresser d’autres personnes.
Faut-il être expert pour vendre ses connaissances ?
Non. Selon Jeremy Kohlmann, une personne à 3 sur 10 dans un sujet est la mieux placée pour l’enseigner à ceux qui sont à 0 ou à 1, comme un moniteur d’auto-école est plus utile qu’un pilote de Formule 1 pour apprendre à conduire.
Un hobby atypique peut-il devenir une idée de business ?
Oui. La vidéo cite des activités américaines bâties sur les courses de furets, les caisses à savon ou les « cailloux de compagnie ». Jeremy Kohlmann précise qu’un sujet très atypique ne fera pas des millions, mais qu’il peut déjà produire un complément de revenu.
Combien peut-on gagner en enseignant un loisir ?
Jeremy Kohlmann observe dans l’apprentissage de la musique ou des loisirs des activités entre 3 000 et 5 000 € de chiffre d’affaires mensuel, et jusqu’à 30 000 ou 40 000 € pour les plus développées. Ce sont des ordres de grandeur observés, pas une promesse : la taille du marché fixe le plafond.
Comment savoir si une idée de business peut se vendre ?
En la reliant à un besoin précis d’un public, puis en allant parler directement à des personnes concernées. Regarder ce qui existe déjà et ce que coûtent les fausses solutions aide aussi à estimer la valeur que les clients y accordent.
Faut-il être présent sur tous les réseaux sociaux pour lancer son activité ?
Non. Jeremy Kohlmann recommande d’en choisir un seul pour commencer, en fonction de l’endroit où se trouve sa cible, du format que l’on aime produire et du réseau que l’on consomme déjà soi-même.
