Être parent ET entrepreneur : mon retour d’expérience

Être parent ET entrepreneur, c’est le genre de phrase qui fait lever les yeux au ciel. D’un côté, ceux qui jurent que c’est impossible. De l’autre, ceux qui te promettent que tout roule. Je viens de devenir papa de mon premier enfant. J’ai toujours mon entreprise. Et entre les deux camps, il y a une réalité bien plus intéressante que les slogans. Voici mon retour d’expérience, à chaud, sans filtre. Pas une méthode universelle. Juste ce que j’ai vu, vécu et arbitré quand le bébé et la boîte sont arrivés en même temps dans la même vie.

La vraie peur quand tu deviens parent en étant entrepreneur

Je voulais un enfant. Je le savais. Et pourtant j’avais une trouille énorme. Quand tu es entrepreneur, ton identité colle à ton entreprise. Ça prend du temps, ça prend de l’espace mental. Et là on t’annonce qu’un enfant arrive, que tu veux être présent pour lui, sans pour autant lâcher ta boîte. Tu ne sais pas comment tu vas faire tenir les deux.

Ce qui fait le plus peur, ce n’est pas l’agenda. C’est l’inconnu sur toi-même. La biochimie d’un parent change à la naissance, c’est documenté. Alors tu te demandes : quel entrepreneur je vais être après ? Quel père je vais être ? Personne ne peut répondre à ta place. À un moment, tu arrêtes de tourner autour, tu sautes les deux pieds dedans, et tu observes ce qui se passe. Il n’y a pas de bonne réponse. J’ai vu des gens hyper préparés se planter, et des gens pas préparés du tout réussir. Entre ces deux extrêmes, il y a une infinité de scénarios. Le tien.

Anticiper plutôt que subir : structurer son entreprise avant la naissance

La seule chose que je contrôlais, je l’ai préparée. Plusieurs mois avant la naissance, j’ai repris des coachs et j’ai structuré mon entreprise pour qu’elle puisse tourner sans moi pendant mon congé. Pas par confort. Par nécessité. Un congé pris à moitié, le téléphone qui sonne toutes les heures, ce n’est ni un congé ni un travail.

C’est là que tout le travail de fond paye. Quand tu as déjà bâti une entreprise high ticket qui tourne sans vous, la naissance devient une transition, pas une crise. Si tu n’as jamais pris le temps de déléguer et de structurer ta boîte, l’arrivée d’un enfant te le rappelle violemment. Le congé paternité n’est pas un luxe d’organisation. C’est un test grandeur nature de la solidité de ton entreprise.

« Déjà, impossible, c’est une connerie. S’il y a au moins une personne qui l’a fait, c’est que c’est possible. »

— Jeremy Kohlmann (3:05)

Le seul arbitrage qui compte : temps, argent, niveau de sacrifice

Quand tu mets de côté l’émotion, devenir parent entrepreneur se résume à un calcul. Tu as trois ressources : ton temps, ton argent, ton niveau de sacrifice. Tu ne peux pas tout maximiser. Selon ce que tu vises, tu vas forcément en dépenser au moins une, souvent deux, parfois les trois.

  • Le temps. Une grosse partie de ton temps est désormais réallouée à ton enfant. Ce temps-là, tu ne le récupères pas dans la boîte.
  • L’argent. Ce que tu ne peux plus donner en temps, tu peux parfois le compenser en payant des personnes qui t’aident, côté pro comme côté perso.
  • Le niveau de sacrifice. Il doit baisser. Tu ne peux plus te dédier corps et âme à ton entreprise comme avant. L’accepter, c’est déjà la moitié du chemin.

Le niveau de difficulté dépend de tes ambitions. Viser une croissance saine et continue ne demande pas le même sacrifice que vouloir multiplier ton chiffre par dix dans l’année. J’ai ajusté mes ambitions à mon temps disponible, au sacrifice que j’étais prêt à faire et à l’argent que j’acceptais de dépenser. À partir de là, ce n’est plus un mur. C’est une équation. Et une équation, ça se résout. C’est exactement la logique derrière l’idée de construire une réussite ordinaire plutôt qu’une réussite fulgurante : viser ce qui est tenable, pas ce qui te broie.

Ce que ça change vraiment au quotidien

La crise des bonnes résolutions, je l’ai eue, et elle était logique. Deux questions m’ont guidé. La première : quel exemple je veux être pour mon enfant ? On arrête la cigarette, on arrête l’alcool ou presque, on remet du sport, on marche. La deuxième : parent, c’est fatigant. Entrepreneur, c’est fatigant. Donc tout ce qui ajoutait de la fatigue inutile dans ma vie, je l’ai sorti. La cigarette qui détruit le sommeil : dehors. L’alcool : dehors. Le sport, lui, devient non négociable.

Concrètement, ma vie sociale se cale désormais sur ma journée. Tu veux me voir ? Tu viens faire du sport quand j’en fais, tu manges avec moi quand je mange, tu marches avec moi quand je marche. En dehors de ça, il n’y a pas de temps qui dépasse. Quand je peux, je dors. Quand je ne dors pas, je bosse. Quand je ne bosse pas, je suis avec ma famille. J’ai optimisé mon environnement, ma santé et mon emploi du temps pour passer plus de temps de qualité avec ma femme et mon fils, sans laisser tomber l’entreprise.

Le plus dur ? Ce ne sont pas les nuits courtes. C’est quand une petite urgence tombe dans l’entreprise pile au moment où tu veux juste être avec ton enfant. Un outil qui lâche, un point juridique, un truc pas grave mais chronophage. Rien de dramatique, mais ça capte ton attention au pire moment. Ça, c’est le vrai poison. Et c’est précisément ce qu’une entreprise bien structurée absorbe à ta place.

« Je suis très content d’avoir pris les semaines de congé au début. C’est très important. De toute façon, je n’aurais pas été en capacité mentale et émotionnelle de reprendre plus vite. »

— Jeremy Kohlmann (5:00)

En France, on ne mesure pas assez à quel point les congés parentaux sont courts. Après l’avoir vécu, je vois mal comment on peut reprendre le travail au bout d’une ou deux semaines. Ce temps-là n’est pas du temps perdu pour l’entreprise. C’est du temps qui te permet de revenir entier.

La morale d’un père entrepreneur

Au final, c’est à la fois plus dur et plus faisable que ce que j’imaginais. Plus dur, parce que je sous-estimais le poids réel. Plus faisable, parce que je sous-estimais ma résilience de parent et ma capacité à encaisser. L’humain évolue, et c’est ce qui rend la chose belle.

« Ne jamais penser que c’est impossible. Anticiper, structurer, ne pas prendre les choses à la légère. Un enfant plus une entreprise, ça ne se prend pas à la légère, mais c’est largement faisable. »

— Jeremy Kohlmann (6:30)

Si d’autres l’ont fait, tu peux le faire aussi. Aucune raison de te croire plus faible qu’un autre. Et si tu te sens incapable d’un truc aujourd’hui, ça ne dit rien de ta capacité demain. C’est tout l’esprit du parcours que je documente : performance ET famille, ambition ET équilibre. Pas l’un contre l’autre. Le « ET » change tout. Bref 🙂

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FAQ : parent et entrepreneur

Peut-on vraiment être parent et entrepreneur en même temps ?

Oui. Dire que c’est impossible est une erreur : il suffit qu’une seule personne l’ait fait pour prouver que c’est faisable. La vraie question n’est pas « possible ou impossible », mais « à quel niveau de difficulté », selon tes ambitions, ton temps disponible et ton niveau de sacrifice.

Comment préparer son entreprise avant l’arrivée d’un enfant ?

En la structurant pour qu’elle tourne sans toi. Concrètement : reprendre ou renforcer ton équipe, déléguer les tâches clés, documenter les processus et tester que la machine tient quelques semaines sans ton intervention quotidienne. C’est ce qui transforme un congé en vrai congé.

Faut-il revoir ses ambitions business quand on devient parent ?

Souvent, oui, au moins temporairement. Tu disposes de trois ressources : ton temps, ton argent, ton niveau de sacrifice. Une partie de ton temps part vers ton enfant. Tu ajustes donc tes objectifs, ou tu compenses en argent. Viser une croissance saine et continue est nettement plus compatible avec une jeune parentalité que viser une explosion immédiate du chiffre.

Quel est le plus difficile quand on est parent et entrepreneur ?

Les imprévus de l’entreprise qui surgissent au pire moment, pile quand tu veux être avec ton enfant. Pas les grosses crises, mais les petites urgences chronophages. Une entreprise bien structurée et bien déléguée les absorbe à ta place, ce qui protège ton temps familial.

Le congé paternité est-il utile pour un entrepreneur ?

Essentiel. Au-delà de l’organisation, il y a une réalité mentale et émotionnelle : reprendre trop vite n’est pas tenable. Ce temps permet de revenir entier, plus solide, et plus utile à ton entreprise qu’un retour précipité.

PS : cet article parle d’équilibre entre une activité d’accompagnement et une vie de famille. Si tu es déjà plus loin, en train de scaler une structure high ticket avec une équipe et que ta question n’est plus « comment tenir » mais « comment grandir sans te faire dévorer », on en parle aussi. La logique est la même : c’est la structure qui protège ta vie, pas l’inverse.