Trouver des clients sur les réseaux sociaux ne demande pas des centaines de milliers d’abonnés. Ça demande de savoir à qui l’on parle, de comprendre ce que chaque plateforme attend, et de ne jamais confondre audience et clientèle. Quand Jeremy Kohlmann a tourné la vidéo ci-dessous, sa chaîne YouTube comptait environ 800 abonnés, et quelques milliers de personnes le suivaient sur Instagram et Facebook. Son constat : avec ça, il faisait un chiffre d’affaires annuel comparable à celui de comptes dix fois plus gros. Voici la méthode, réseau par réseau, et le piège qui ruine les efforts de la plupart des indépendants.
Avant de choisir un réseau social : savoir à qui vous vendez
La première étape ne se passe sur aucune plateforme. Elle se passe sur une feuille. Qui est votre client ? Pas « tout le monde », pas « les gens qui veulent aller mieux ». Une catégorie précise de personnes, définie par un problème précis.
« Ton produit, il est pour des gens qui ont précisément la douleur que tu résous. »
Jeremy Kohlmann (1:53)
Jeremy pousse la définition plus loin que le classique « client idéal ». Le client qui achète réunit trois conditions :
- il a un problème urgent, assez inconfortable pour vouloir en sortir maintenant ;
- il cherche activement une solution, il ne se contente pas de subir ;
- il est prêt à payer pour cette solution.
Tant que ces trois conditions ne sont pas posées, publier ne sert qu’à occuper le terrain. Une fois qu’elles le sont, une deuxième question devient évidente : sur quel réseau social cette personne passe-t-elle son temps ? Si vous peinez à répondre à la première question, commencez par trouver votre niche en accompagnement, le reste en découle.
Facebook : le compte personnel, pas la page
Facebook reste le terrain des 40-50 ans. Si votre client a entre 15 et 28 ans, ce n’est probablement pas là qu’il faut le chercher. S’il a passé la quarantaine, c’est souvent le meilleur endroit.
Sur la méthode, Jeremy est tranché :
« Oublie les pages. Les pages sont un outil publicitaire, ça ne sert à rien d’autre. »
Jeremy Kohlmann (2:46)
Ce qu’il recommande, c’est le compte personnel, et rien de plus. La mécanique tient en trois gestes.
1. Ajouter les bonnes personnes, sans précipitation
Vous ajoutez des personnes qui sont probablement dans votre cible, de préférence avec beaucoup d’amis en commun. Pas des centaines d’un coup : la plateforme n’aime pas les comportements qui ressemblent à ceux d’un robot, et un compte peut être bloqué très vite. Un compte ancien et actif est mieux toléré. Gardez une activité régulière.
2. Ne surtout pas écrire pour vendre
C’est l’erreur que tout le monde commet : ajouter quelqu’un, puis lui envoyer dans la foulée un message de présentation, une proposition ou un « cadeau ». Tout le monde en reçoit déjà. Jeremy le dit sans détour, ces messages non sollicités sont devenus insupportables. Si la personne vous écrit, répondez simplement que vous l’avez ajoutée pour découvrir de nouvelles personnes. C’est la vérité.
3. Publier pour ces nouvelles personnes
Le vrai travail commence ensuite : publier du contenu qui s’adresse à ces personnes et au problème que vous savez résoudre. Ce qui a le mieux marché pour Jeremy : des vidéos publiées en natif directement sur Facebook, et des textes très courts, quelques lignes à forte valeur qui font réfléchir. Les gens réagissent, les échanges se créent, la relation s’installe. Et seulement là, de temps en temps, dans une publication ou dans une conversation, vous présentez votre solution.
« Ne propose la solution qu’à des personnes qui en ont vraiment besoin. »
Jeremy Kohlmann (4:46)
Un détail compte plus qu’il n’y paraît : le format doit vous ressembler. Copier un format qui réussit à quelqu’un d’autre ne fonctionne pas, parce que ça se sent. Ce qui vous inspire est en général ce qui inspire vos clients. La conversation qui suit, quand elle s’engage, obéit à ses propres règles, détaillées dans notre méthode pour trouver des clients par message.
LinkedIn : parler de votre cœur de métier, pas de votre vie
LinkedIn est un réseau professionnel : salariés, cadres, indépendants, consultants, dirigeants. Pour un coach de vie ou un thérapeute qui s’adresse aux particuliers, ce n’est pas forcément le bon terrain. Pour du coaching de dirigeants, du conseil ou de la prestation de services aux entreprises, l’intérêt est réel.
Pour y trouver des clients, il faut comprendre ce que les gens viennent y chercher. Le public LinkedIn, 30 à 60 ans et plus, veut montrer son expertise, développer sa notoriété professionnelle, entretenir son réseau. Votre contenu doit donc rester sur votre cœur de métier. Si votre sujet est la finance d’entreprise, vous publiez sur la finance d’entreprise : vous analysez des situations, vous décortiquez des cas, vous montrez comment vous raisonnez.
La suite reprend exactement la mécanique de Facebook : se connecter avec les bonnes personnes, publier pour elles, échanger, et proposer la solution quand la discussion va plus loin.
YouTube, Instagram, X : adapter le format à ce que l’audience consomme
Chaque plateforme a son contrat implicite avec ses utilisateurs. La règle ne change pas d’un réseau à l’autre, seul le format change.
- YouTube : des tutoriels, du contenu informatif, du divertissement. Les formats qui fonctionnent sont ceux qui plaisent à la plateforme et à son public. Une description soignée, un lien et un appel à l’action clair transforment ensuite un spectateur en contact. Pour faire croître une chaîne, Jeremy cite trois leviers : le trafic extérieur, la publicité et les partenariats.
- Instagram : le réseau de l’image et du contenu rapide. Les carrousels « quatre façons de… », les belles photos accompagnées d’un texte inspirant, les stories qui montrent les coulisses. Puis la conversation en message privé, comme entre humains, sans rien vendre et sans « cadeau » que personne n’a demandé.
- X (anciennement Twitter) : du court, du rapide. Une idée qui se lit en quelques secondes.
« Adapte-toi à ce que consomme l’audience sur le réseau social sur lequel tu veux te situer. […] Je pense que c’est le meilleur conseil. »
Jeremy Kohlmann (8:38)
Concrètement : pas de vidéo de trente minutes sur Instagram, pas de souvenir de famille sur LinkedIn. Jeremy présente cette règle comme celle qui a tout changé pour lui. Si vous voulez la décliner en plan de publication, la logique TOFU, MOFU, BOFU appliquée au contenu montre comment passer de l’attention à l’achat.
Pourquoi une petite audience qualifiée suffit
Adapter son contenu à la plateforme et à un client précis a une conséquence directe : l’audience grandit moins vite, mais elle est composée de gens qui viennent spécifiquement pour ce que vous faites. C’est le cœur du raisonnement de Jeremy. Mille personnes très qualifiées, qui ont vraiment le problème que vous savez résoudre, valent davantage qu’une foule qui vous suit par distraction. Ajoutez quelques milliers de personnes sur deux ou trois réseaux, et l’équation change d’échelle sans que vous ayez à courir après les abonnés.
Cette approche suppose une offre solide. Jeremy la construit toujours de la même façon : vos compétences innées, enrichies de compétences acquises, croisées avec ce que vous aimez faire et avec ce que le marché veut acheter en ce moment. Une offre construite ainsi apporte quelque chose que les gens ne trouvent pas ailleurs, se vend mieux, et peut s’appuyer sur une micro-audience. Le sujet est développé en détail dans notre article sur la micro-audience qui achète.
Le piège des réseaux sociaux : donner gratuitement ce que vous vendez
Plus vous publiez, plus les gens ont l’impression de vous connaître. C’est l’effet recherché : la proximité crée la confiance. Mais elle a un revers. Des personnes se mettent à vous écrire pour un oui ou pour un non, comme à un ami de longue date, et à vous demander des conseils.
Beaucoup de créateurs, de coachs et d’indépendants répondent. Parce qu’ils veulent être sympathiques, parce qu’ils veulent aider, parce que « ça ne prend que deux minutes ». Jeremy raconte en avoir reçu des dizaines chaque semaine. Le problème, c’est que ces demandes viennent de deux profils : des personnes qui cherchent le gratuit et n’ont jamais eu l’intention d’acheter, et des personnes qui essaient d’obtenir le maximum sans rien donner en échange.
Jeremy ne leur en veut pas, et vous n’avez pas à leur en vouloir non plus. Ce ne sont pas de mauvaises personnes, elles ont raison d’essayer. La responsabilité est de votre côté.
« Tu as le devoir, en tant qu’entrepreneur, de mettre une limite claire entre ce que tu proposes gratuitement […] et ce que tu as l’intention de vendre. »
Jeremy Kohlmann (12:04)
Le contenu public est gratuit. L’accompagnement, le diagnostic personnalisé, la réponse à votre cas précis se paient. Si vous les offrez en message privé, vous dévaluez votre offre, vous épuisez votre temps, et vous apprenez à votre audience que la version payante n’est pas nécessaire. Une réponse courte et bienveillante suffit : orienter vers un contenu existant, ou vers la façon de travailler avec vous. Pour que ces échanges débouchent sur une vente quand la demande est sérieuse, la méthode pour vendre en message privé pose le cadre.
Trouver des clients sur les réseaux sociaux : la checklist
- Définissez votre client par un problème urgent, une recherche active de solution et une volonté de payer.
- Choisissez le réseau où ce client passe réellement son temps, pas celui qui vous plaît.
- Sur Facebook, travaillez depuis votre compte personnel et ajoutez les bonnes personnes progressivement.
- N’envoyez aucun message de vente à quelqu’un que vous venez d’ajouter.
- Publiez dans le format que la plateforme attend, sur votre cœur de métier, dans un style qui vous ressemble.
- Proposez votre solution uniquement à ceux qui en ont besoin, au fil des échanges.
- Tracez une limite nette entre ce que vous donnez et ce que vous vendez, et tenez-la.
Aucune de ces étapes ne demande une grosse audience. Toutes demandent de la clarté sur ce que vous vendez et à qui. Bref 🙂
PS : si votre entreprise tourne déjà et que vos clients arrivent surtout par votre présence personnelle, la question n’est plus de trouver des clients mais de rendre cette acquisition prévisible sans tout porter vous-même. C’est le chantier qu’on traite avec les dirigeants que nous accompagnons, et la méthode de prise de contact par message en est souvent la première brique déléguée.
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Sur les réseaux sociaux, ce n’est pas la taille de l’audience qui fait les clients, c’est la clarté de l’offre et du message. Donna pose votre client, votre offre et vos premiers contenus, pour que chaque publication parle aux bonnes personnes.
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FAQ : trouver des clients sur les réseaux sociaux
Quel réseau social choisir pour trouver des clients ?
Celui où votre client passe son temps. Facebook touche surtout les 40-50 ans, LinkedIn les professionnels de 30 à 60 ans et plus, Instagram et X privilégient les formats rapides. La question de départ n’est pas « quel réseau marche le mieux » mais « où se trouve la personne qui a le problème que je résous ».
Faut-il beaucoup d’abonnés pour trouver des clients sur les réseaux sociaux ?
Non. Au moment de tourner sa vidéo, Jeremy Kohlmann comptait environ 800 abonnés sur YouTube et quelques milliers sur Instagram et Facebook. Ce qui compte est la qualification de l’audience : des personnes qui ont réellement le problème que vous savez résoudre.
Faut-il utiliser une page Facebook ou un profil personnel ?
Le profil personnel. Jeremy considère les pages comme un outil publicitaire. Pour créer des relations et trouver des clients sans publicité, il recommande d’ajouter progressivement des personnes de votre cible depuis votre compte personnel et de publier pour elles.
Peut-on envoyer un message à quelqu’un qu’on vient d’ajouter ?
Pas pour vendre. Les messages de présentation et les « cadeaux » non sollicités sont devenus insupportables pour la plupart des gens. Publiez du contenu utile, laissez les échanges naître, et ne proposez votre solution qu’aux personnes qui en ont vraiment besoin.
LinkedIn est-il adapté aux coachs ?
Ça dépend de la cible. Pour un accompagnement destiné aux particuliers, ce n’est pas forcément le bon terrain. Pour le coaching de dirigeants, le conseil ou les services aux entreprises, LinkedIn est pertinent, à condition de publier sur votre cœur de métier.
Faut-il répondre aux demandes de conseils gratuits en message privé ?
Avec bienveillance, mais sans donner ce que vous vendez. Le contenu public est gratuit, l’accompagnement personnalisé se paie. Orientez vers un contenu existant ou vers la façon de travailler avec vous.
