Chaque année, la même prédiction revient : le marché du coaching saturé, la bulle qui explose, la fin du high ticket. Chaque année, le marché grossit quand même. Ce n’est pas une opinion optimiste, c’est ce que montre l’observation du marché américain, qui a plusieurs années d’avance sur le nôtre et qui n’a jamais connu l’effondrement annoncé. La vraie question n’est donc pas de savoir si le marché va tenir. Elle est de savoir ce que tu fais, toi, à partir de maintenant. Cet article reprend la mécanique complète : pourquoi la saturation est un faux problème, et comment rendre prévisible une activité qui te semble aujourd’hui aléatoire.
Marché du coaching saturé : ce que disent les faits, pas les vidéos anxiogènes
Il y a plus de monde sur le marché, c’est vrai. Les barrières à l’entrée ont fondu, n’importe qui peut ouvrir une offre d’accompagnement en une après-midi. Ce que les vidéos alarmistes oublient de dire, c’est que le nombre de clients a augmenté dans les mêmes proportions. La taille du gâteau ne cesse d’augmenter.
Le métier d’accompagner existait avant les réseaux sociaux. Il existait avant internet. Il existait avant le téléphone. Les traces les plus anciennes de marketing direct remontent à plusieurs siècles, à l’époque des affiches qui vendaient des remèdes miracles. La forme change, le fond ne bouge pas.
Ce qui va bouger, en revanche, c’est le cadre. Parce qu’une minorité fait n’importe quoi, certaines pratiques marketing finiront par être encadrées légalement. C’est le seul changement structurel qu’on peut raisonnablement anticiper. Pas la disparition du métier.
Et il y a des périodes creuses. Des mois où les ventes baissent. Le marché fluctue comme tous les marchés de la planète. La bonne question face à un mois moyen n’est pas « pourquoi ça arrive », c’est « qu’est-ce qu’on fait à partir de maintenant ».
Le vrai filtre : être correct suffit déjà à sortir du lot
« Si tu es ne serait-ce que moyen, tu es déjà au-dessus de 99 % du marché. » — Jeremy Kohlmann (00:00)
C’est la conséquence directe de la baisse des barrières à l’entrée. Beaucoup de monde entre, très peu de monde travaille sérieusement. Le corollaire est brutal dans l’autre sens : si tu es mauvais, mille autres personnes moyennes sont prêtes à prendre ta place demain matin.
La saturation n’est un vrai problème que pour ceux qui sont au niveau zéro et qui comptent y rester. Pour tous les autres, elle agit comme un filtre. Un filtre qui te sert, parce qu’il élimine la concurrence molle pendant que tu construis.
Ce qui te fait passer au-dessus de la ligne n’a rien de spectaculaire : une offre claire, un message qui parle à quelqu’un de précis, et de la répétition. C’est exactement ce qu’on détaille dans nos huit leçons de terrain sur la stratégie marketing pour coach, dont la partie sur les marchés matures.
La confiance statistique : rendre prévisible ce qui semble aléatoire
Au démarrage, tu n’as aucune idée de ce qui fonctionne. Tu ne sais pas d’où viendra le prochain client. Tu ne sais pas si tu vas réussir ton prochain appel. Cette incertitude n’est pas un défaut de caractère, c’est un manque de données.
« J’ai tellement de données qui le prouvent sur les dernières années que je suis sûr de ce chiffre. C’est une moyenne. » — Jeremy Kohlmann (00:50)
Le chiffre en question : sur le volume que fait Kohlmann Publishing aujourd’hui, entre 10 et 15 % des personnes qui prennent un rendez-vous deviennent clientes. Même si le marketing est moyen ce mois-là, même si l’équipe est moyenne, même si les produits sont moyens, la fourchette tient. C’est ce qu’on appelle la confiance statistique.
La chaîne de conversion, étape par étape
Une fois que tu as une moyenne, tu peux remonter toute la chaîne à l’envers. La logique donne quelque chose comme : tant de personnes découvrent mon contenu, ce qui génère en moyenne tant de conversations, dont une partie va plus loin, ce qui donne tant d’appels, ce qui donne tant de clients.
Les chiffres exacts sont les tiens, personne ne peut te les donner. Dans la vidéo, Jeremy prend volontairement des nombres ronds pour illustrer la mécanique, pas pour donner un standard : environ vingt conversations démarrées, une dizaine qui avancent, cinq appels, un ou deux clients. La proportion réelle dépend de ton niveau, de ton offre et de ton marché.
Ce que tu ne contrôles pas : le nombre exact d’interactions que fera ta prochaine publication. Ce que tu contrôles : tout le reste de la séquence, une fois que le premier chiffre est tombé. Tu ne prédis pas l’avenir, tu déduis la suite logique. C’est la même mécanique qui rend un tunnel de vente éducatif pilotable au lieu d’être une loterie.
Le volume annule la chance
Il y a une formule américaine que j’aime bien : volume negates luck. Le volume annule la notion de chance.
Pourquoi as-tu confiance en ta capacité à faire quelque chose ? Parce que tu l’as fait mille fois et que ça s’est bien passé. Pas parce que tu t’es motivé le matin même.
Est-ce que ton niveau d’énergie détermine ta capacité à visser une vis ? La première fois, peut-être. Après mille fois, plus du tout. Plus tu répètes une action, moins elle demande d’effort conscient. La compétence devient mécanique, et la confiance vient avec. C’est la même bascule que la conduite : au début tu cherches les pédales, ensuite tu conduis en écoutant de la musique sans y penser.
La conséquence pratique pour ton activité : arrête de chercher la publication parfaite, produis du volume. C’est le principe de fond de notre méthode pour créer une audience en partant de zéro.
Passer de l’émotionnel au factuel : les trois questions
Le secteur de l’accompagnement a une force et un défaut, et c’est le même : on est entraînés à regarder ce qu’on ressent. Utile avec un client. Paralysant quand on dirige une entreprise.
Arrête un paysagiste au travail et demande-lui si son enfant intérieur l’empêche d’appeler la pépinière pour trouver son prochain chantier. Il ne comprendra même pas la question. Ces interrogations existentielles sont propres à notre métier, et elles coûtent cher en temps.
Plus tu cherches des blocages, plus tu en trouves. L’être humain est complexe, il y aura toujours matière. Ce n’est pas une raison pour en faire un préalable : tu n’as pas besoin de résoudre tous tes blocages émotionnels pour construire une activité rentable. C’est une quête humaine, pas une quête business.
Quand la vague émotionnelle arrive, la méthode tient en trois questions :
- Qu’est-ce qui dépend de moi ?
- Qu’est-ce qui n’en dépend pas ?
- Qu’est-ce que je peux tirer de bon de ce que je vis là, maintenant ?
Tu passes du niveau émotionnel au niveau mental. Tu reviens sur ce qui est factuel, tangible, mesurable. La peur n’apparaît que pour deux raisons : l’inconnu et le danger. Heureusement d’ailleurs, parce qu’en cas de danger réel ton niveau de vigilance monte. La peur t’envoie un message, elle ne te donne pas un ordre.
Le reste du travail se fait en agissant, pas en introspectant. Si le blocage porte spécifiquement sur l’argent et le fait de facturer, on a traité le sujet en détail dans l’article sur comment casser ses barrières mentales sur l’argent.
Une nuance, quand même. Un ami ancien psychologue passé aux ressources humaines répète une phrase que je trouve juste : les névroses de l’entrepreneur deviennent les névroses de l’entreprise. Tant que tu es seul ou à deux, tu ne les sens pas. À dix personnes dans l’équipe, elles se voient dans l’organisation.
Pourquoi l’IA ne remplacera pas les coachs humains
« Dans vingt ans, on sera probablement tous coachés par une IA, sauf les 10 % de gens qui seront têtus et qui diront : d’accord, l’IA est plus efficace, mais moi je parle à un humain parce que je suis un humain. » — Jeremy Kohlmann (07:00)
Et c’est parfait, parce que ces 10 % sont exactement notre clientèle.
Le raisonnement vaut pour d’autres secteurs. Prends le blog : la manière dont on structure un article change avec les moteurs de réponse, oui. Le blog ne disparaît pas pour autant. On annonce sa mort depuis très longtemps, il est toujours là, il s’est simplement reformaté.
Ta stratégie ne consiste donc pas à courir plus vite que la machine sur son terrain. Elle consiste à occuper le terrain où l’humain reste un argument : la relation, le contexte, la responsabilité partagée, le fait que quelqu’un se souvienne de ton dernier appel. C’est précisément ce que les modèles ne vendent pas.
Écologie plutôt qu’équilibre : le déséquilibre choisi
L’équilibre vie pro / vie perso est une notion qu’on a mise dans la tête des gens. Dans les faits, il s’agit d’allocation de temps. Quand tu en donnes au professionnel, tu en enlèves au personnel. Il n’y a pas d’équation magique.
La bonne question n’est pas « suis-je équilibré », c’est « qu’est-ce qui est écologique pour moi ». Où je mets mon temps, à quel moment, et à quel prix. Parce qu’il y a toujours un prix. Si tu ne te reposes pas, tu le paieras plus tard, en santé ou en temps volé à ta famille et à tes enfants.
Chez les sportifs de haut niveau, la récupération fait partie intégrante de la performance. Tant que tu n’as pas intégré ça, tu confonds volume horaire et résultat.
Personnellement, il y a des périodes où je travaille quatorze heures par jour, et des périodes où une heure par jour c’est déjà beaucoup. Certains jours je démarre à 4 heures du matin, d’autres je n’ouvre pas l’ordinateur avant 10 heures. Ma femme s’est longtemps moquée de moi quand je passais mes après-midi allongé devant les Simpson en lui expliquant que c’était mon processus créatif. Elle en a fait une story. Je n’ai pas apprécié.
Le principe : ne cherche pas l’équilibre, choisis tes déséquilibres, mais choisis-les consciemment. Si tu as consacré trois ans à ta famille, maintenir cet équilibre demandera moins d’effort que de le créer de zéro, et tu peux pousser plus fort sur la construction pendant une saison. Puis inverser quand ta famille aura besoin de toi. On développe rarement bien deux choses en même temps. Pour la version opérationnelle de cette bascule, voir la routine de CEO à cinq heures par jour.
Ce qu’il faut retenir
Le marché du coaching n’est pas saturé, il est filtré. Plus de concurrents, plus de clients, et un niveau moyen tellement bas qu’un travail sérieux suffit à passer devant. La fin du high ticket est annoncée chaque année par des gens qui n’ont pas les chiffres.
Ce qui change vraiment ton quotidien, ce n’est pas l’état du marché. C’est de savoir combien de conversations donnent combien d’appels, et combien d’appels donnent combien de clients. À partir de là, tu ne subis plus les mois creux, tu les calcules. Et si l’émotion revient, tu reviens aux trois questions. Bref 🙂
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FAQ : marché du coaching et fin du high ticket
Le marché du coaching est-il vraiment saturé ?
Non. Il y a plus d’acteurs qu’avant, et aussi beaucoup plus de clients : la taille du marché augmente. Le marché américain, qui a plusieurs années d’avance sur le marché français, n’a jamais connu l’effondrement annoncé. La saturation est surtout un problème pour ceux qui restent au niveau zéro.
Est-ce la fin du high ticket ?
La prédiction revient chaque année depuis longtemps, sans jamais se réaliser. Le marché fluctue comme tous les marchés : des périodes fortes, des périodes creuses. Le seul changement structurel prévisible concerne l’encadrement légal de certaines pratiques marketing, à cause d’une minorité qui fait n’importe quoi.
Comment rendre son activité d’accompagnement prévisible ?
En construisant de la confiance statistique. Tu mesures ta chaîne : combien de personnes découvrent ton contenu, combien de conversations ça déclenche, combien d’appels, combien de clients. Ces moyennes sont stables dans le temps, ce qui te permet de déduire la suite dès que le premier chiffre tombe.
Quel taux de conversion viser entre un rendez-vous et un client ?
Le chiffre de référence cité dans la vidéo est celui de Kohlmann Publishing : entre 10 et 15 % des personnes qui prennent un rendez-vous deviennent clientes, une moyenne stable sur plusieurs années de volume. Ce n’est pas un standard à copier. Ton propre taux dépend de ton offre, de ton niveau et de la qualité de ton audience : c’est le tien qu’il faut mesurer.
Faut-il régler ses blocages émotionnels avant de vendre ?
Non. C’est une quête humaine, pas un préalable business. Plus tu cherches des blocages, plus tu en trouves. La méthode consiste à revenir à trois questions dès que l’émotion monte : qu’est-ce qui dépend de moi, qu’est-ce qui n’en dépend pas, et qu’est-ce que je peux en tirer de bon.
L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les coachs ?
Une partie du marché basculera vers des outils automatisés. Il restera une part de clients qui veulent parler à un humain parce qu’ils sont humains, et ce sont précisément ceux qui achètent de l’accompagnement premium. La stratégie n’est pas de concurrencer la machine sur l’efficacité, mais d’occuper le terrain de la relation.
Comment gérer l’incertitude quand les ventes baissent ?
En changeant de question. Plutôt que « pourquoi ça arrive », demande « qu’est-ce qu’on fait à partir de maintenant ». Tu ramènes le sujet sur ce qui est tangible, mesurable et sous ton contrôle : le volume d’actions que tu produis cette semaine.
Faut-il chercher l’équilibre entre vie pro et vie perso ?
Le mot juste est « écologique », pas « équilibré ». Il s’agit d’allocation de temps : ce que tu donnes au professionnel, tu l’enlèves au personnel. Choisis tes déséquilibres consciemment, en sachant qu’il y a toujours un prix à payer, et rappelle-toi que la récupération fait partie de la performance.
PS : si tu démarres et que ton problème du moment est de sortir de l’aléatoire pour trouver tes premiers clients réguliers, commence par mesurer ta chaîne avant d’ajouter des outils. Si tu es déjà à un volume confortable et que ton goulot est la structure et l’équipe qui encaisse la croissance, ce n’est pas le même chantier, et on le traite ailleurs.
