Créer du contenu avec l’IA, pour la plupart des dirigeants, veut dire demander à un outil d’écrire un post à leur place. Le résultat ressemble à ce que publie tout le monde, et le vrai blocage reste entier : s’asseoir devant son téléphone sans savoir quoi dire. Dans l’extrait ci-dessus, tiré d’une consultation Business Clinic, Jeremy Kohlmann reçoit une dirigeante qui publie trois contenus par semaine et qui vit chaque publicité comme une corvée. Il lui décrit le système qu’il utilise lui-même : ses appels de la veille sont relus chaque jour par une IA, qui lui envoie le matin une liste d’idées de vidéos. La machine ne tourne rien et n’écrit rien à sa place. Elle supprime la page blanche. Voici comment ce système fonctionne, pourquoi il tient, et comment le monter chez vous, avec ou sans IA.
Créer du contenu avec l’IA : le goulot, ce sont les idées
La consultation venait d’établir que cette dirigeante pouvait accueillir deux fois plus de clientes. Pour y arriver, il lui fallait plus de publicités et plus de contenus. Or elle l’avait dit avant l’enregistrement : créer une publicité ne lui vient pas naturellement, et elle n’est pas contente de celles qu’elle sort.
Jeremy relève un écart dans sa façon d’en parler. Un contenu pour son compte Instagram, c’est une idée sympa qu’elle a hâte de tourner. Une publicité, c’est une obligation de produire. Pourtant, comme il le lui fait remarquer dans l’épisode complet, une publicité est un contenu sur lequel on met de l’argent. La différence est dans la pression qu’elle se met : elle se compare elle-même à une sportive qui réussit sa routine tous les jours à l’entraînement et qui trébuche le jour où un juge la regarde.
Le clip démarre sur la réponse de Jeremy.
« Il faut que tu crées des conditions créatives qui vont te rendre agréable le fait de faire une bonne publicité. »
Jeremy Kohlmann (0:01)
La raison est arithmétique. Pour augmenter son budget publicitaire, lui dit-il, elle aura besoin d’un renouvellement créatif : de nouvelles annonces, en continu.
« Au début, il faut tourner une pub par semaine et c’est facile. Mais il y a un moment, il faudra en faire 50 par semaine. […] Et si c’est une douleur et que ce n’est pas un process rigolo, ça va être l’enfer. »
Jeremy Kohlmann (0:26)
Il précise que ce moment est lointain dans son cas. Le raisonnement vaut quand même dès aujourd’hui : un processus pénible à une publicité par semaine ne survivra pas à dix. Avant de chercher à produire davantage, on règle donc ce qui rend la production pénible. Et ce qui la rend pénible, la plupart du temps, c’est de devoir trouver l’idée et la réaliser dans le même quart d’heure.
Trouver des idées et produire : deux temps à séparer
C’est le principe sur lequel repose tout le reste, et Jeremy le formule à la fin de l’extrait.
« Le processus de création et le processus d’idéation, ce ne sont pas du tout les mêmes parties du cerveau, et ce ne sont pas du tout les mêmes énergies. »
Jeremy Kohlmann (5:47)
Une idée arrive en conversation, en voiture, en répondant à une cliente. Tourner demande d’être disponible, en forme, et d’avoir déjà décidé de quoi on parle. Quand on mélange les deux, on s’installe devant la caméra, on cherche un sujet, on en trouve deux ou trois, et la séance est finie.
La conséquence pratique tient en une phrase de Jeremy : avec en permanence une liste de 50 à 100 idées de contenus et de publicités, le jour où vous avez envie de tourner, il devient facile d’en faire dix, quinze ou vingt, au lieu de deux ou trois faute d’idées. La liste transforme une séance de tournage en exécution. Elle rend aussi possible de regrouper ses tournages sur un bloc fixe de la semaine, ce qui rejoint la règle des trois tiers pour organiser son emploi du temps d’entrepreneur, tirée de la même consultation.
Reste à remplir cette liste sans y passer ses soirées. C’est là que l’IA entre en jeu.
Le système : vos appels de la veille deviennent des idées de vidéos
Jeremy commence par demander à la dirigeante si elle utilise l’IA au quotidien. Elle lui fait corriger ses phrases, rien de plus. Il décrit alors son propre montage, en trois maillons.
1. Chaque appel est transcrit
Ses appels de coaching, de vente et de suivi client passent tous par un outil de prise de notes. Tel qu’il le décrit, cet outil ne conserve ni l’image ni le son : il transcrit en temps réel, et la transcription distingue sa voix de celle de son interlocuteur sans nommer ce dernier. Il obtient le détail des sujets abordés, sans enregistrement vidéo ou audio à stocker.
2. Une IA relit tout, chaque jour
« J’ai branché une IA qui vient se connecter tous les jours […], analyser les transcriptions de tous les appels que j’ai eus la veille et me lister des idées de contenu, avec leur potentiel de viralité […], et m’envoyer ça […] tous les matins. »
Jeremy Kohlmann (4:35)
L’IA classe aussi chaque idée dans une catégorie de contenu. Si vous travaillez avec une grille du type découverte, considération, décision, celle de la stratégie de contenu qui transforme une audience en acheteurs, c’est le classement à lui demander.
3. Un message arrive le matin
Le résultat lui parvient sur sa messagerie. Il en résume le ton : hier, vous avez parlé de tel sujet, c’était une très bonne idée, vous pourriez en faire un contenu et dire ceci, ceci et cela.
« Moi, je n’ai plus qu’à allumer mon téléphone et tourner. »
Jeremy Kohlmann (5:09)
Regardez ce que l’IA fait dans ce système, et ce qu’elle ne fait pas. Elle lit, elle trie, elle rappelle. Elle n’invente pas le sujet : il vient d’une conversation réelle de la veille. Elle ne parle pas à la place de Jeremy : c’est lui qui tourne, avec ses mots. L’article sur la création de contenu pour son entreprise décrit la même répartition : la pensée reste chez le dirigeant, la production se délègue.
Pourquoi vos appels clients battent la page blanche
La dirigeante reçue ce jour-là connaît la théorie d’une bonne publicité. Elle la récite quand Jeremy la lui demande : interpeller la bonne personne, nommer son problème, lui montrer que ce n’est pas de sa faute. Sa difficulté est ailleurs, et elle la nomme elle-même : en experte, elle a besoin de montrer que c’est technique et qu’elle sait. Sa cliente, elle, se moque de la technique. Elle veut que le défaut qu’elle voit disparaisse.
Un appel client corrige ce travers sans effort, parce qu’il contient trois choses qu’une séance de réflexion en solitaire ne donne pas.
- Le problème dit avec les mots du client. Personne ne décrit sa situation en vocabulaire d’expert. La phrase que votre cliente a prononcée hier fait une meilleure accroche que celle que vous auriez rédigée.
- Vos explications qui ont fonctionné. Quand une image ou un exemple débloque quelqu’un en appel, vous tenez le cœur d’une vidéo. Sur le moment, vous l’oubliez dans l’heure.
- Les objections réelles. Celles qui reviennent d’un appel de vente à l’autre sont autant de sujets que vos futurs clients se posent sans vous le dire.
Une fois l’idée choisie, la structure d’une annonce se pose en trois blocs, détaillés dans l’article sur la manière de faire une pub Facebook.
Dernier frein, que la dirigeante évoque en fin d’extrait : en relisant ses notes, elle se dit qu’elle a déjà traité le sujet sous cinquante formats. Elle donne la réponse elle-même : il faut le redire. Jeremy le pose plus tôt dans l’épisode complet : le marketing, c’est la répétition d’un message, une surface d’exposition qui augmente, et la recherche de l’angle qui fera dire à la personne que c’est pour elle. Une liste d’idées issues d’appels différents fournit ces angles sans que vous ayez à les chercher.
La version sans IA fonctionne aussi
La dirigeante répond qu’elle fait déjà la même chose avec des post-it. Jeremy ne la reprend pas : ça marche aussi. Il ajoute seulement que c’est bien quand le post-it est automatisé, et elle conclut qu’elle aimerait recevoir tous ses post-it le matin.
Cet échange remet l’outil à sa place. La méthode est de capturer les idées là où elles naissent, puis de les retrouver au moment de tourner. Un carnet, une note vocale après chaque rendez-vous ou un document partagé font le travail. L’IA apporte deux choses en plus : elle n’oublie aucun appel, et elle ne dépend pas de votre discipline un jour où vous enchaînez huit rendez-vous.
Si vous démarrez, commencez par la version manuelle pendant deux semaines. Vous saurez ce que vous attendez de la liste avant de confier le tri à une machine.
Rendre le tournage agréable : l’autre moitié du processus créatif
Une liste pleine ne suffit pas si le tournage lui-même vous coûte. La dirigeante le dit sans détour : parler seule à son téléphone, elle en a fait le tour. Jeremy lui propose deux aménagements.
Tourner avec ses clientes
Une fois tous les trois à six mois, réunir cinq à dix clientes avec qui le courant passe, sur deux jours, dans un lieu physique, et en profiter pour tourner publicités et contenus (1:13). Elle reconnaît avoir cette idée en tête depuis longtemps et s’être trouvé toutes les raisons de la repousser.
Tourner avec une seule personne
Un professionnel de la vidéo ou de l’image installé à moins de cinquante kilomètres, qui vient, lance la conversation et filme tout. Le principe que Jeremy en tire : si la douleur est de se retrouver face à un téléphone, on trouve quelqu’un à qui parler.
Puis il pose la question du volume. Elle publie trois contenus par semaine : pourquoi pas trente (3:11) ? Elle répond qu’elle a toujours entendu qu’il valait mieux être régulière sur la durée que produire beaucoup, s’épuiser et s’arrêter. Jeremy ne conteste pas. Il enchaîne sur la question de l’IA et sur son système d’idées.
Ce que l’échange laisse voir : la crainte de s’épuiser est fondée tant que chaque contenu exige de trouver l’idée, de se motiver et de tourner seul. Elle pèse beaucoup moins quand les idées arrivent sans effort et que le tournage se fait par lots, dans des conditions qu’on a choisies. Le volume découle alors du processus.
Mettre le système en place en cinq étapes
Étape 1 : capturer vos conversations
Choisissez un outil de transcription pour vos appels, ou dictez une note de deux minutes après chaque rendez-vous. Regardez ce que l’outil conserve et informez vos interlocuteurs : une transcription reste une donnée qui les concerne.
Étape 2 : extraire les idées une fois par jour
Donnez les transcriptions de la veille à une IA avec une consigne stable. À titre d’exemple (formulation rédigée pour cet article, elle n’apparaît pas dans la vidéo) : « Voici mes appels d’hier. Liste les problèmes exprimés par mes interlocuteurs avec leurs mots exacts, les explications que j’ai données et qui ont été comprises, et les objections. Pour chaque point, propose une idée de vidéo courte, l’étape du parcours client qu’elle sert et les trois choses à dire. » Vous l’ajusterez après une semaine d’usage.
Étape 3 : ranger dans une liste unique
Un seul endroit, alimenté tous les jours, que vous ne videz jamais complètement. La cible donnée par Jeremy : 50 à 100 idées d’avance, contenus et publicités confondus.
Étape 4 : tourner par lots
Réservez un créneau fixe, piochez dix à vingt idées et enchaînez. Si tourner seul vous pèse, faites venir quelqu’un.
Étape 5 : redire
Ne rayez pas une idée parce que vous l’avez déjà traitée. Changez l’angle, l’exemple ou le format, et gardez le message.
Avant de conclure que le système est en place, quatre questions de contrôle :
- Ai-je aujourd’hui plus de dix idées d’avance, écrites quelque part ?
- Ces idées viennent-elles de conversations réelles avec des clients ou des prospects ?
- Mon prochain tournage a-t-il une date et une heure ?
- Y a-t-il au moins une condition que j’ai changée pour que ce tournage soit moins pénible que le précédent ?
En sortant de la consultation, la dirigeante annonce sa première action : libérer du vrai temps de création, sans pression. Elle retient qu’un temps de création n’est pas une obligation de produire quelque chose, et que ce qu’elle a sorti sous pression ne lui ressemblait pas.
Dans ce système, l’IA sert à ne pas perdre ce que vous avez dit de juste à un client hier après-midi. Devant le téléphone, c’est toujours vous. Bref 🙂
PS : si vous dirigez déjà une équipe et que les idées ne manquent pas, votre contrainte est sans doute ailleurs que dans le contenu. L’article sur les métiers que l’IA va remplacer décrit les usages internes (rapports, suivi, mémoire de l’entreprise) qui libèrent le temps d’un dirigeant.
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FAQ : créer du contenu avec l’IA
Comment créer du contenu avec l’IA sans publier du générique ?
En lui donnant votre matière au lieu de lui demander d’inventer. Les transcriptions de vos appels clients contiennent les problèmes réels de votre marché et vos propres explications. L’IA y repère des idées de vidéos, et c’est vous qui les tournez avec vos mots.
L’IA doit-elle écrire mes contenus à ma place ?
Dans le système décrit ici, non. Elle lit les appels de la veille, liste les idées, les classe par catégorie et les envoie chaque matin. Le sujet vient d’une conversation réelle et la prise de parole reste celle du dirigeant.
Où trouver des idées de contenu quand on a l’impression d’avoir tout dit ?
Dans vos conversations d’hier. Chaque appel de vente ou de suivi apporte une formulation, une objection ou un exemple nouveau. Et redire un message déjà traité fait partie du travail : le marketing repose sur la répétition d’un même message sous des angles différents.
Peut-on appliquer cette méthode sans outil d’IA ?
Oui. Des post-it, un carnet ou une note vocale après chaque rendez-vous suffisent pour constituer la liste. L’IA ajoute l’exhaustivité et la régularité : elle relit tous les appels, y compris les jours où vous n’avez pas le temps de noter.
Combien d’idées faut-il avoir d’avance ?
Jeremy Kohlmann donne l’ordre de grandeur de 50 à 100 idées en permanence, contenus et publicités confondus. Avec ce stock, une séance de tournage permet d’en réaliser dix à vingt d’affilée au lieu de deux ou trois.
Pourquoi séparer la recherche d’idées du tournage ?
Parce que les deux ne mobilisent pas la même énergie. Chercher un sujet face à la caméra épuise la séance avant qu’elle commence. Arriver avec une liste déjà triée transforme le tournage en simple exécution.
Que faire si tourner seul face à son téléphone est pénible ?
Changer les conditions. Deux pistes données dans la consultation : réunir quelques clientes sur deux jours tous les trois à six mois et tourner sur place, ou faire venir une personne qui lance la conversation et filme. Un tournage agréable se répète, un tournage subi s’arrête.
