« Qui suis-je pour faire ça ? » Si cette phrase vous traverse la tête au moment de lancer votre activité, de publier un contenu ou d’annoncer un prix, vous avez rencontré le syndrome de l’imposteur. Jeremy Kohlmann l’a vécu à l’ouverture de son cabinet, avec les mêmes questions que ses clients d’aujourd’hui. Dans l’extrait ci-dessus, il explique ce que personne ne dit sur ce doute : il ne se règle pas en se répétant qu’on est légitime. Il se règle en changeant les personnes à qui on en parle, et en accumulant des preuves.
Syndrome de l’imposteur : le doute de celui qui commence
Le syndrome de l’imposteur ne frappe pas les incompétents. Il frappe les gens qui savent faire quelque chose et qui se demandent s’ils ont le droit de le vendre. Jeremy Kohlmann décrit exactement ce mécanisme quand il revient sur ses débuts :
« J’avais le syndrome de l’imposteur. Je me disais : mais qui je suis pour faire ça ? Est-ce que je suis assez bon ? Est-ce que mes clients vont avoir des résultats ? »
Jeremy Kohlmann (0:07)
Trois questions se cachent dans ce doute, et elles n’ont pas la même réponse :
- « Suis-je assez bon ? » C’est une question de compétence. Elle se vérifie avec des faits : ce que vous savez faire, pour qui vous l’avez déjà fait.
- « Mes clients auront-ils des résultats ? » C’est une question de méthode. Elle se règle en structurant ce que vous livrez, pas en vous rassurant.
- « Que vont penser les gens qui me connaissent d’avant ? » C’est une question d’image. Et c’est elle qui pèse le plus lourd, alors qu’elle n’a rien à voir avec votre capacité à aider qui que ce soit.
La plupart des entrepreneurs mélangent les trois. Ils traitent un problème d’image comme un problème de compétence, repartent en formation alors qu’ils maîtrisent déjà leur sujet, et repoussent le lancement de six mois. Séparer les trois questions, c’est déjà retirer une bonne partie du poids.
Jeremy Kohlmann ajoute un point que les discours de motivation oublient : il ne s’en est pas sorti seul. « Heureusement que j’ai été aidé, parce que je crois que tout seul, je n’aurais pas réussi », dit-il dans la même minute.
Le premier réflexe, et pourquoi il aggrave tout
Quand on doute, on cherche de l’aide. Le problème, c’est l’endroit où on va la chercher.
« Le plus dur, c’est d’accepter que tu as besoin d’aide et de savoir où tu vas la chercher. »
Jeremy Kohlmann (0:32)
Il passe en revue les trois réflexes naturels et les écarte un par un :
- La famille. « Pire idée du monde dans le business. » Non par manque d’amour, mais parce qu’elle n’a ni l’expérience ni le recul sur ce que vous essayez de construire.
- Les amis. Utiles seulement s’ils sont entrepreneurs et plus avancés que vous. Sinon, leur avis reflète leur propre rapport au risque.
- Internet. Il compare la recherche de conseils en ligne à l’autodiagnostic médical : quand on a le nez qui coule, on trouve soit un rhume, soit une maladie grave. Le volume d’avis ne remplace pas la pertinence.
Ce qu’il faut chercher à la place tient en une liste précise. Des gens plus avancés que vous, compétents sur votre problème, qui ne racontent pas n’importe quoi, qui ne prennent pas votre responsabilité à votre place, qui vous laissent grandir et vous apportent le soutien nécessaire (0:54).
Chaque critère compte. « Qui ne prennent pas votre responsabilité » écarte les accompagnements qui font à votre place et vous laissent dépendant. « Qui vous laissent grandir » écarte ceux qui ont intérêt à ce que vous restiez débutant. Si vous envisagez de vous faire accompagner, l’article investir dans un coaching business détaille les filtres à appliquer avant de signer.
Il reconnaît aussi que la démarche n’a rien d’évident. Il lui a fallu du temps pour trouver la bonne personne la première fois. Aujourd’hui qu’il s’est fait accompagner « 157 fois », demander de l’aide lui semble facile. Au début, ça ne l’était pas, et c’est précisément pour ça que le doute s’installe : vous ne savez pas encore quoi faire, et votre environnement vous déconseille de le faire.
Votre entourage ne vous juge pas, il a peur pour vous
C’est le cœur de l’extrait, et la partie la plus utile pour comprendre pourquoi le syndrome de l’imposteur résiste aux bonnes résolutions.
Jeremy Kohlmann raconte les réactions de son propre entourage à ses débuts. Ses proches ne comprenaient pas ce qu’il faisait et pensaient qu’il reprendrait un « vrai métier » une fois qu’il aurait « fini de jouer ». D’anciens collègues considéraient qu’avoir quitté l’agence et le monde des annonceurs le rangeait forcément du mauvais côté.
Puis il prend du recul sur ce bruit. L’immense majorité des gens ne pense pas à vous : ils pensent à eux, et il trouve ça « très rassurant » (3:14). Même ceux qui vous voient passer sur les réseaux pensent à vous le temps d’un scroll, puis passent à la personne suivante. Restent vos proches. Eux pensent vraiment à vous, et c’est justement pour ça qu’ils freinent :
« Leur seul moyen de nous protéger, c’est de nous empêcher de faire ce qu’on est en train de faire, parce qu’ils pensent qu’on fait une bêtise. Ils le pensent sincèrement. »
Jeremy Kohlmann (3:46)
Cette lecture change tout. Une critique de votre entourage n’est pas un verdict sur votre compétence. C’est l’expression d’une peur, la leur. Si vous la prenez pour un jugement objectif, elle vient alimenter votre propre doute. Le blocage lié au regard des proches est traité plus en profondeur dans l’article peur du jugement des autres.
Le témoignage d’un entrepreneur passé de cadre dirigeant à coach
La vidéo donne ensuite la parole à un entrepreneur qui a quitté un poste de cadre dirigeant pour se mettre à son compte comme coach. Son récit montre l’autre face du phénomène : une partie de ses amis l’étaient surtout pour son statut social. Quand il a commencé à parler de sa nouvelle activité, ces relations sont tombées une à une, avec un sentiment d’abandon et de solitude bien réel. Ce qui l’a porté, c’est le soutien de sa femme et de ses enfants.
Il en tire une règle simple :
« L’entourage n’est qu’un reflet des peurs que tu as toi-même. Si tu as des doutes, des peurs, n’en parle pas à ton entourage. »
Un entrepreneur accompagné, dans la vidéo (4:47)
Il précise immédiatement la nuance : il parlait à sa femme, parce qu’elle le soutenait et cherchait des solutions avec lui. Ce qu’il déconseille, c’est de confier ses doutes à des personnes critiques. Il cite un ami qui, à chaque rencontre, demandait : « Alors, tu as trouvé des clients ? Tu as fait des ventes ? » Chaque question renvoyait à ce qui n’était pas encore fait, et transformait un doute passager en frein durable.
Sa conclusion : parlez-en à des personnes qui ont déjà fait le chemin et traversé ce que vous voulez aller chercher (5:37).
Comment sortir du syndrome de l’imposteur : la preuve par la répétition
Plus loin dans l’épisode complet, on demande à Jeremy Kohlmann s’il doute encore aujourd’hui. Sa réponse est la partie la plus concrète de la vidéo (épisode complet, 6:20).
Non, il ne doute plus sur son métier : accompagner des entrepreneurs de l’accompagnement et de la formation sur des problématiques de croissance que son équipe maîtrise, sur des chiffres déjà atteints un nombre de fois « incalculable ». En revanche, si on lui demandait demain d’aider dix plombiers à faire grandir leur entreprise de plomberie, il douterait. Pas par incompétence : il n’a simplement jamais fait la preuve sur ce terrain.
Puis il prend l’image du vélo (7:21). Vous ne doutez pas en montant sur un vélo. Pas parce que vous vous croyez exceptionnel, mais parce que vous en avez fait des centaines de fois. La preuve quotidienne a remplacé la question. Ça ne vous empêchera pas de tomber, mais vous n’avez plus de raison de douter.
Le syndrome de l’imposteur se dissout donc par accumulation de preuves, pas par affirmation de soi. Concrètement :
- Distinguez le doute légitime du doute imposteur. Un doute sur un terrain nouveau est sain : vous n’avez pas encore de preuve. Un doute sur un terrain où vous avez déjà livré des résultats est un vieux réflexe, pas une information.
- Tenez un registre de preuves. Chaque client aidé, chaque résultat obtenu, chaque retour positif. Quand le doute revient, vous relisez des faits au lieu de discuter avec une sensation.
- Multipliez les répétitions sur un seul terrain. Changer de cible ou d’offre tous les trois mois remet le compteur de preuves à zéro, et le doute avec.
- Changez d’interlocuteurs. Vos doutes vont aux personnes qui ont fait le chemin. Vos proches reçoivent vos avancées, pas vos hésitations.
- Acceptez ce que vous ne savez pas faire. Jeremy Kohlmann invite à arrêter de « bidouiller dans son coin » et à se donner la permission d’investir pour apprendre des compétences qu’on n’a pas encore (8:01).
Le troisième point mérite qu’on s’y arrête. Beaucoup de gens qui souffrent du syndrome de l’imposteur ne manquent pas de compétence, ils manquent de répétitions au même endroit. Une niche claire et une offre stable produisent des preuves en série. Une activité dispersée n’en produit presque jamais. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles un doute persistant se confond souvent avec l’envie d’arrêter l’entrepreneuriat : les deux se nourrissent d’un manque de signaux concrets.
Le résultat ne vous appartient pas, le processus si
La vidéo se termine sur une idée qui désamorce une bonne partie de la pression (8:20). Si vous avez fait de votre mieux, au maximum de vos compétences du moment, le résultat ne vous appartient plus. L’expression reprise est « chop wood, carry water » : couper le bois, porter l’eau. Répéter la bonne action chaque jour, que la journée soit bonne ou mauvaise.
Pour quelqu’un qui doute de sa légitimité, ce déplacement est précieux. La question « suis-je à la hauteur ? » n’a pas de réponse définitive. La question « ai-je fait aujourd’hui la meilleure action possible à mon niveau ? » en a une, chaque soir. Et chaque « oui » ajoute une preuve au registre.
Si votre doute touche plus profondément à des croyances installées depuis longtemps, le protocole décrit dans reprogrammer son subconscient aide à identifier d’où elles viennent avant de chercher à les remplacer.
Ce qu’il faut retenir
Le syndrome de l’imposteur n’est pas un défaut de caractère. C’est le doute normal de quelqu’un qui n’a pas encore accumulé assez de preuves, amplifié par un entourage qui projette ses propres peurs. On en sort en séparant les questions de compétence, de méthode et d’image, en choisissant à qui on confie ses doutes, et en répétant le même travail assez longtemps pour que la preuve remplace la question.
Bref, personne ne doute en montant sur un vélo. Il suffit d’en avoir fait assez 🙂
PS : si vous avez déjà dépassé le doute du départ et que votre activité tourne, la question devient souvent celle du palier suivant. L’article gagnants du loto ruinés explique pourquoi le plafond qu’on croit avoir atteint se trouve souvent dans la tête, et comment le repousser.
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FAQ : le syndrome de l’imposteur chez l’entrepreneur
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur chez un entrepreneur ?
C’est le doute de légitimité qui apparaît au lancement d’une activité : « qui suis-je pour faire ça ? », « suis-je assez bon ? », « mes clients auront-ils des résultats ? ». Jeremy Kohlmann l’a vécu à ses débuts et le retrouve chez la plupart des entrepreneurs qu’il accompagne.
Pourquoi l’entourage renforce-t-il le syndrome de l’imposteur ?
Parce que les proches qui ne comprennent pas l’entrepreneuriat ont peur pour vous et cherchent à vous protéger en vous freinant. Leurs critiques reflètent leurs propres peurs, pas votre compétence, mais elles viennent nourrir votre doute si vous les prenez pour un verdict.
À qui parler de ses doutes quand on lance son activité ?
À des personnes qui ont déjà fait le chemin : plus avancées que vous, compétentes sur votre problème, qui ne prennent pas votre responsabilité et vous laissent grandir. Un proche qui vous soutient activement reste un bon interlocuteur, un proche critique non.
Comment se débarrasser du syndrome de l’imposteur ?
En accumulant des preuves plutôt qu’en cherchant à se convaincre. Jeremy Kohlmann compare cela au vélo : on ne doute plus parce qu’on l’a fait des centaines de fois. Tenir un registre de résultats et répéter le même travail sur un seul terrain accélère le processus.
Est-ce normal de douter quand on est entrepreneur depuis longtemps ?
Oui, sur un terrain nouveau. Jeremy Kohlmann ne doute plus sur son métier, mais il douterait s’il devait accompagner un secteur qu’il n’a jamais travaillé. Ce doute-là est légitime : il signale l’absence de preuve, pas l’absence de compétence.
Faut-il se faire accompagner pour dépasser le syndrome de l’imposteur ?
Jeremy Kohlmann estime qu’il n’aurait pas réussi seul à ses débuts. Le plus difficile, selon lui, est d’accepter d’avoir besoin d’aide et de savoir où la chercher, plutôt que de continuer à bricoler dans son coin.
